Le Togo et la Russie envisagent d’élargir leur coopération à plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’énergie, l’industrie, l’agriculture et les transports. Réunie à Lomé, la première session de leur Commission mixte intergouvernementale a permis de définir de nouvelles pistes de partenariat, dont un projet de corridor énergétique entre Lomé et le Sahel.
Une coopération économique appelée à s’élargir
Le Togo et la Russie souhaitent renforcer leurs relations économiques. La première session de la Commission mixte intergouvernementale chargée du suivi de leur accord de coopération s’est achevée le 1er octobre 2026 à Lomé, après des échanges entre experts et représentants des deux pays.
Les travaux ont permis d’identifier plusieurs secteurs prioritaires, dont le commerce, l’industrie, l’énergie, l’agriculture et les transports. À l’issue de cette rencontre, deux mémorandums d’entente ont été signés. D’autres projets d’accords restent à finaliser, notamment dans les domaines de la protection des investissements, des douanes, de l’éducation, de la recherche, de la culture et de l’emploi.
Industrie et énergie : plusieurs projets à l’étude
Dans le secteur industriel, les deux pays envisagent des partenariats dans les mines, la métallurgie, les infrastructures sanitaires, l’énergie et les véhicules industriels. Les chambres de commerce togolaise et russe devraient contribuer à rapprocher les opérateurs économiques et à faciliter l’émergence de projets d’investissement.
Sur le plan énergétique, Lomé et Moscou ont exprimé leur intérêt pour l’élaboration d’un concept de « corridor énergétique Lomé-Sahel », fondé sur le gaz naturel liquéfié et développé en concertation avec les pays de la Confédération des États du Sahel (AES).
Les discussions concernent également l’hydroélectricité, la production locale d’électricité, l’approvisionnement en eau et l’assainissement. Ces pistes restent toutefois à concrétiser à travers des accords et des projets opérationnels.
Transports et logistique : un axe entre la Russie et l’Afrique de l’Ouest
La coopération envisagée porte aussi sur les transports. Les deux parties ont notamment examiné la possibilité de développer un itinéraire international de transport et de logistique reliant la Russie à l’Afrique de l’Ouest.
Le projet pourrait associer transport maritime et ferroviaire, digitalisation des infrastructures et outils de gestion des flux. Les modalités de mise en œuvre restent à préciser.
Agriculture : mécanisation, engrais et agro-industrie
Dans le domaine agricole, le Togo et la Russie souhaitent développer les échanges de produits agricoles et alimentaires ainsi que d’engrais.
Les pistes de collaboration incluent la mécanisation, l’irrigation, l’élevage, la recherche et la création de pôles agro-industriels. Les deux pays envisagent également d’étudier la possibilité d’implanter des unités locales de mélange ou de production d’engrais à partir de ressources phosphatées.
Numérique, santé et enseignement supérieur
Les perspectives de coopération s’étendent aux technologies numériques, aux télécommunications, aux communications par satellite, à la cybersécurité et à la médecine numérique.
Dans l’enseignement supérieur, la Russie s’est déclarée disposée à poursuivre son programme de bourses destiné aux étudiants togolais. Une éventuelle augmentation du nombre de bourses est également envisagée, parallèlement au développement des partenariats universitaires et des programmes de recherche.
Des échanges commerciaux à développer
Le Togo et la Russie entretiennent des relations diplomatiques depuis 1960. Selon les données citées par Togo First, la Russie représentait 8,9 % des importations togolaises au troisième trimestre 2024, pour une valeur de 45,6 milliards de FCFA.
Les nouvelles pistes de coopération pourraient contribuer à diversifier les échanges et à attirer des investissements. Leur portée dépendra toutefois de la finalisation des accords annoncés et de la réalisation effective des projets envisagés.
La prochaine session de la Commission mixte intergouvernementale est prévue en Russie en 2028. Elle devra notamment permettre d’évaluer l’évolution de la coopération entre les deux pays.

