La CEDEAO veut accélérer la libre circulation des personnes et des biens entre le Togo et le Ghana. Dans cette perspective, sa Commission a organisé, le 13 août 2026, un dialogue régional au poste frontalier juxtaposé de Noépé-Akanu, afin d’identifier des solutions concrètes pour fluidifier les passages et améliorer les services aux usagers.
La rencontre s’inscrit dans les efforts engagés pour renforcer la circulation sur le corridor Abidjan-Lagos, un axe stratégique qui relie la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigeria.
Des obstacles encore présents aux frontières
Malgré les acquis du Protocole de 1979 sur la libre circulation des personnes, plusieurs difficultés continuent de ralentir les déplacements et les échanges commerciaux dans la sous-région.
Les usagers font notamment face à des lourdeurs administratives, à des tracasseries et à des problèmes d’accès à l’information sur leurs droits. Les femmes et les jeunes commerçants figurent parmi les catégories particulièrement concernées par ces difficultés.
La CEDEAO entend donc renforcer l’application des mécanismes communautaires existants, notamment le Tarif extérieur commun (TEC) et le Schéma de libéralisation des échanges (SLE).
Des outils pour accélérer les passages
Le dialogue de Noépé-Akanu a réuni des agents frontaliers, douaniers, représentants des ministères, associations de commerçantes et partenaires au développement.
Les discussions ont porté sur plusieurs dispositifs destinés à réduire les délais et à rendre les opérations plus efficaces. Parmi eux figurent la Carte nationale d’identité biométrique de la CEDEAO, le système de transit SIGMAT et les postes frontières juxtaposés.
Pour la Commission de la CEDEAO, une utilisation plus effective de ces instruments devrait contribuer à sécuriser les déplacements tout en facilitant les opérations commerciales.
« Nous devons donc nous améliorer », a reconnu Kalilou Sylla, commissaire de la CEDEAO chargé des Affaires économiques et de l’Agriculture, soulignant les attentes encore importantes des populations.
Un corridor stratégique pour l’intégration régionale
La vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, Damtien Tchintchibidja, a pour sa part insisté sur le rôle du corridor Abidjan-Lagos dans l’intégration économique ouest-africaine.
« L’avenir de l’Afrique de l’Ouest dépend de notre capacité collective à lever les obstacles, à créer des opportunités et à rapprocher nos peuples et nos économies », a-t-elle déclaré.
Le renforcement de la libre circulation, la facilitation des transports et la modernisation de la gestion des frontières sont ainsi considérés comme des leviers importants pour accroître les échanges et les opportunités économiques dans la région.
Une feuille de route pour Noépé-Akanu
Les travaux ont débouché sur les grandes lignes d’une feuille de route opérationnelle, avec plusieurs mesures prioritaires, notamment en faveur des femmes et des jeunes commerçants.
Les participants ont également préconisé le renforcement d’une plateforme multipartite chargée du suivi des engagements pris lors du dialogue.
La promotion de la Carte Nationale d’Identité Biométrique de la CEDEAO (ENBIC) a par ailleurs été réaffirmée comme un outil permettant de renforcer l’identification sécurisée et de contribuer à réduire les délais aux frontières.
À travers ce dialogue, la CEDEAO entend ainsi faire de Noépé-Akanu un point d’appui supplémentaire pour améliorer la circulation sur le corridor Abidjan-Lagos et rapprocher davantage les économies de l’Afrique de l’Ouest.



