À l’occasion du 16e anniversaire de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), célébré le samedi 10 octobre 2026 à Lomé, Jean-Pierre Fabre a réaffirmé l’engagement de son parti en faveur de l’alternance démocratique au Togo. Le président national de l’ANC a notamment appelé les militants à intensifier la mobilisation pour le « rétablissement de l’ordre constitutionnel et démocratique », tout en mettant en avant les préoccupations sociales des populations.
L’ANC réaffirme son objectif d’alternance démocratique
Créée le 10 octobre 2010 à Lomé, l’Alliance nationale pour le changement entend poursuivre son combat politique autour du changement démocratique. Lors de la célébration de son seizième anniversaire, Jean-Pierre Fabre a insisté sur la continuité de la ligne politique du parti, malgré les difficultés et les tensions rencontrées au cours de son parcours.
Le responsable politique a également rendu hommage aux militants et sympathisants qui ont contribué à maintenir les structures de l’ANC au fil des années. Il a salué en particulier l’engagement des jeunes et des femmes, ainsi que la mémoire des membres disparus et leur contribution à l’histoire de la formation politique.
La réforme constitutionnelle de 2024 au cœur des critiques
Une part importante de l’allocution a été consacrée à la situation institutionnelle du Togo. Jean-Pierre Fabre a de nouveau critiqué la réforme constitutionnelle adoptée en 2024, qui a instauré un régime parlementaire et créé la fonction de président du Conseil, occupée par Faure Gnassingbé.
L’ANC s’était opposée à cette réforme, qu’elle considère comme contraire à ses exigences démocratiques. Dans son discours, Jean-Pierre Fabre a également évoqué une décision de la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), rendue publique en juin 2026. Selon son interprétation, cette décision remet en cause certains aspects du changement constitutionnel intervenu au Togo.
La portée exacte de cette décision doit toutefois être appréciée à partir du texte officiel de la Cour. Les déclarations du président de l’ANC constituent ici la position défendue par son parti.
Une mobilisation à tous les niveaux
Pour faire avancer ses revendications, Jean-Pierre Fabre a appelé les militants à se mobiliser dans les fédérations, sections et sous-sections de l’ANC, mais aussi dans les communes, villages et quartiers. L’objectif annoncé est de porter l’exigence du « rétablissement de l’ordre constitutionnel et démocratique » à l’échelle nationale.
Le parti entend poursuivre cette démarche au sein du Cadre national de concertation pour le changement (CNCC), auquel il prévoit de continuer à participer.
Au-delà de la contestation institutionnelle, l’ANC veut également renforcer son implantation sur le territoire national et à l’international. Jean-Pierre Fabre a évoqué la consolidation des structures de base, l’augmentation de l’adhésion des jeunes et des femmes, ainsi que le renouvellement de l’encadrement du parti.
Il a aussi annoncé la volonté de renouer des relations structurées avec la diaspora togolaise afin de mobiliser son expertise et ses capacités d’appui.
Le coût de la vie et les préoccupations sociales au programme
Dans son allocution, le président de l’ANC a élargi ses revendications aux difficultés quotidiennes des populations. Le coût de la vie, l’emploi, l’éducation, la santé, la justice, la sécurité et les libertés publiques figurent parmi les sujets qu’il a mis en avant.
Jean-Pierre Fabre a également cité l’impunité, l’arbitraire, la corruption et la situation des prisonniers politiques et des exilés parmi les préoccupations que son parti entend continuer à suivre.
Le dirigeant a enfin appelé la jeunesse togolaise à s’informer, à participer à la vie publique et à défendre ses convictions par des moyens pacifiques et démocratiques.
Seize ans après sa création, l’ANC entend ainsi maintenir ses revendications institutionnelles tout en renforçant son organisation et en plaçant les préoccupations sociales au cœur de son discours. Pour Jean-Pierre Fabre, la politique doit notamment contribuer à améliorer concrètement la vie des citoyens.

