Depuis quelques jours, une note du ministre de l’Éducation nationale fait débat au sein du système éducatif togolais.
Le document, censé lutter contre la perte d’heures de cours, interdit désormais l’organisation d’activités pédagogiques pendant les heures de classe. Une mesure présentée comme nécessaire pour préserver le temps d’apprentissage, mais qui soulève de nombreuses questions de fond selon certains observateirs.
Au premier abord, la démarche semble logique : il s’agit d’assurer la continuité des cours. Mais à la lecture du texte, plusieurs incohérences apparaissent, notamment dans la manière dont la note distingue “activités pédagogiques” et “heures d’enseignement”.
Comment comprendre, en effet, qu’une formation destinée à améliorer les pratiques des enseignants soit désormais perçue comme une perturbation du calendrier scolaire plutôt qu’un levier d’amélioration de la qualité de l’enseignement ?
Cette contradiction sémantique nourrit le malaise d’une partie du corps enseignant, qui y voit une vision réductrice du rôle du professeur, limité à la simple présence en classe.
Or, comme le rappellent plusieurs pédagogues, la qualité du temps d’enseignement dépend directement du temps de formation.
Autre zone d’ombre : la note évoque l’obligation de rattraper toute perte d’heures liée à des formations, sans préciser quelle autorité est compétente pour accorder les “autorisations préalables” exigées — inspection, direction régionale ou ministère ?
Cette imprécision crée une incertitude administrative, surtout dans un contexte où les établissements doivent déjà composer avec des calendriers chargés et des ressources humaines limitées.
De plus, certains observateurs s’interrogent sur la cohérence de cette mesure avec le dispositif d’“Équivalent Temps Plein (ETP)”, censé garantir le suivi du volume horaire effectif d’enseignement.
Pourquoi une telle note si cet outil fonctionne encore ? Sa remise en cause implicite jette un doute sur la continuité des réformes engagées ces dernières années.
En toile de fond, une question centrale demeure : comment concilier le temps d’enseignement et le temps de formation, alors que les deux sont indispensables et interdépendants ?
Car si la présence continue des enseignants devant les élèves est cruciale, elle ne suffit pas à améliorer la qualité des apprentissages sans formation, outils ni accompagnement.
Le risque est donc de répondre à un problème conjoncturel (la perte d’heures) par une mesure structurellement déséquilibrée.
En conclusion, cette note du ministère, bien qu’animée d’une intention légitime, gagnerait à être complétée par une réflexion stratégique plus globale, capable d’assurer un équilibre durable entre efficacité pédagogique et développement professionnel des enseignants.
Source : Lecorrecteur.tg










