La lutte contre la corruption pourrait bientôt occuper une place plus importante dans l’enseignement supérieur au Togo. La Haute Autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA) a élaboré neuf manuels pédagogiques destinés à accompagner l’introduction de ces enseignements dans les cursus universitaires.
Depuis le 31 août 2026 à Kpalimé, ces supports font l’objet d’un processus de validation par différents acteurs du système éducatif. Cette étape doit permettre de s’assurer de leur pertinence avant leur déploiement dans les établissements d’enseignement supérieur.
Des enseignements dès la Licence
Le dispositif prévoit l’introduction de plusieurs unités d’enseignement consacrées à la citoyenneté, la bonne gouvernance, l’éthique, la déontologie et la prévention de la corruption.
Au niveau Licence, trois unités sont prévues. Elles porteront sur les enjeux et défis de la lutte contre la corruption, les relations entre corruption et bonne gouvernance, ainsi que les fondements de l’éthique et de la déontologie.
Au niveau Master, deux unités d’enseignement sont envisagées. La première sera consacrée à la lutte contre la corruption et à la bonne gouvernance, tandis que la seconde portera sur la déontologie et la responsabilité professionnelle.
Pour les étudiants en Doctorat, un séminaire sera consacré à l’environnement socioculturel et à la lutte contre la corruption.
La prochaine rentrée académique devrait constituer une nouvelle étape dans ce processus, avec l’introduction progressive de ces enseignements dans les offres de formation de l’enseignement supérieur.
Privilégier la prévention à la sanction
Pour le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Gado Tchangbedji, la lutte contre la corruption ne peut pas reposer uniquement sur les mécanismes de contrôle et de sanction.
L’éducation doit également jouer un rôle dans la prévention du phénomène, notamment à travers la transmission des valeurs d’éthique, d’intégrité et de responsabilité.
Une approche qui vise ainsi à agir en amont, en donnant aux étudiants des repères leur permettant de mieux comprendre les enjeux liés à la corruption et à la bonne gouvernance.
Des outils adaptés aux réalités togolaises
De son côté, le président de la HAPLUCIA, Aba Kimelabalo, souligne l’importance de disposer de supports adaptés au contexte national.
Les neuf manuels sont conçus pour fournir au système éducatif des outils « scientifiquement solides, pédagogiquement efficaces et adaptés aux réalités » togolaises, selon le responsable.
À travers cette initiative, la HAPLUCIA entend donc faire de la formation des étudiants un levier de prévention de la corruption et de promotion d’une culture de l’intégrité dans les milieux professionnels et sociaux.


