Le financement de l’entretien routier au Togo entre dans une nouvelle phase. Naka Gnassingbé de Souza a officiellement pris ses fonctions de directrice générale de la Société nationale de financement routier (SONAFIR), vendredi 23 octobre 2026, à Lomé. Elle succède à Atoute Outchantcha, à la tête de l’ancienne Société autonome de financement de l’entretien routier (SAFER).
Ancienne directrice de l’Agence nationale de promotion et de garantie de financement des PME (ANPGF), elle devient la première responsable de cette nouvelle structure, appelée à renforcer la mobilisation des ressources destinées aux infrastructures routières.
Créée par décret le 26 juin 2026, la SONAFIR remplace la SAFER, qui était opérationnelle depuis 2012. Cette réforme répond aux limites rencontrées dans la mobilisation des financements, alors que les besoins du réseau routier continuent de croître.
La nouvelle société doit notamment assurer le financement des infrastructures routières, tandis que l’AGEROUTE TOGO est chargée de la maîtrise d’ouvrage déléguée des projets. Cette organisation vise à distinguer la mobilisation des ressources de la conduite des travaux.
Des ressources à diversifier
Jusqu’à présent, le financement de la SAFER reposait principalement sur deux sources : les droits d’accise sur les produits pétroliers, qui représentaient 70 % de ses recettes, et les péages routiers, à hauteur de 30 %.
Avec la création de la SONAFIR, les autorités entendent élargir les mécanismes de financement, diversifier les ressources disponibles et développer de nouveaux partenariats.
Toutefois, les modalités financières détaillées de la nouvelle structure ainsi que les résultats attendus de cette réforme restent à préciser.
L’enjeu est important au regard des besoins du secteur. En 2024, les dépenses nécessaires à l’entretien routier étaient estimées à 53,27 milliards FCFA, contre une mobilisation prévisionnelle de 23,5 milliards FCFA par la SAFER.
Cet écart illustre les difficultés de financement auxquelles le secteur était confronté et constitue l’un des défis auxquels la SONAFIR devra répondre.
Une expérience dans le financement des entreprises
Avant sa nomination, Naka Gnassingbé de Souza dirigeait l’ANPGF depuis au moins 2015. À ce poste, elle a travaillé sur les mécanismes de financement et de garantie destinés aux petites entreprises, ainsi que sur des partenariats visant à améliorer leur accès au crédit.
En 2018, elle a également pris la présidence de l’Association professionnelle des institutions de garantie d’Afrique.
Son expérience dans la mobilisation de financements et les mécanismes de garantie devrait ainsi être mise à contribution dans ses nouvelles fonctions, notamment pour élargir les ressources consacrées aux infrastructures routières.
La SONAFIR devra désormais démontrer sa capacité à mobiliser davantage de financements et à répondre durablement aux besoins d’entretien et de développement du réseau routier togolais.



