Le Togo lance « Voix du Togo », une phase pilote destinée à développer des modèles d’intelligence artificielle capables de comprendre et de parler plusieurs langues locales. Soutenue par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’initiative commence avec le kabyè, l’éwé et le moba. À terme, le pays ambitionne d’étendre cette technologie à une cinquantaine de langues.
Une IA capable de comprendre les langues togolaises
Le Togo entend rapprocher l’intelligence artificielle des populations en développant des outils capables de comprendre et de parler les langues locales. Baptisé « Voix du Togo », le projet est porté par le ministère chargé de l’Efficacité du service public et de la Transformation numérique, avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
La phase pilote cible trois langues : le kabyè, l’éwé et le moba. L’ambition, à terme, est de couvrir une cinquantaine de langues au sein d’une même plateforme.
Les citoyens invités à contribuer
Pour entraîner ces modèles d’intelligence artificielle, le projet a besoin de données linguistiques, notamment des enregistrements vocaux et des textes. Les citoyens peuvent contribuer à leur collecte à travers la plateforme officielle Voix du Togo.
Après avoir créé un compte avec leur numéro de téléphone, les participants indiquent les langues qu’ils parlent, lisent ou écrivent. Ils peuvent ensuite prendre part à différentes activités : lire des textes à voix haute, transcrire des enregistrements, traduire des contenus ou vérifier les contributions d’autres participants.
Ces contributions sont ensuite validées par des linguistes et par les communautés concernées. Le dispositif prévoit également des collectes sur le terrain afin de toucher les populations vivant dans les zones où l’accès au téléphone et à Internet reste limité.
Faciliter l’accès aux services publics
Au-delà de la dimension technologique, « Voix du Togo » vise à rendre les services numériques plus accessibles aux citoyens, quelle que soit leur langue. Les applications envisagées concernent notamment les services publics, la santé et la justice.
Pour une personne qui maîtrise peu le français, la possibilité d’interagir avec une administration dans une langue qu’elle comprend pourrait faciliter les démarches et l’accès à l’information.
Le PNUD voit également un potentiel pour l’administration et les entrepreneurs. L’objectif est de faire de l’intelligence artificielle un outil utile au plus grand nombre, en tenant compte de la diversité linguistique du pays.

