Dans le cadre de la nouvelle Stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme (SRMT 2027-2031), les autorités togolaise entendent doubler les prélèvements fiscaux pour atteindre 2 109 milliards FCFA à l’horizon 2031, contre 1 043,7 milliards FCFA prévus en 2026. La feuille de route a été dévoilée aux acteurs du monde économique lors d’une concertation à Lomé le 6 octobre.
Ce choix stratégique s’explique par un taux de pression fiscale mesuré à 13,1 % du PIB en 2025, un niveau bien inférieur au seuil recommandé de 20 % dans l’espace communautaire. Selon le ministère des Finances et du Budget, ce décalage traduit un potentiel de collecte encore inexploité.
Pour combler cet écart sans étouffer les entreprises, l’administration compte élargir l’assiette imposable, optimiser les dépenses fiscales et accélérer la dématérialisation des démarches.
Le déploiement d’outils digitaux constitue le principal levier de cette réforme. Après l’obligation de la facture électronique certifiée actée dans le budget 2026, l’Office Togolais des Recettes (OTR) a généralisé en septembre la plateforme e-TPU pour la gestion en ligne de la taxe professionnelle unique.
En parallèle, les efforts de collecte portent déjà leurs fruits : à la mi-2026, plus de 507 milliards FCFA ont été recouvrés, marquant une progression annuelle de 14,3 %.
Afin de préserver un climat des affaires serein, le gouvernement mise sur l’apaisement et la transparence. La mise en place de structures administratives dédiées aux recours fiscaux et douaniers a été saluée par le Conseil national du patronat, qui y voit une garantie de sécurité juridique.
L’exécutif précise que cette démarche vise une meilleure efficacité du recouvrement et non un alourdissement de la charge fiscale, avec des étapes d’évaluation planifiées en 2029 et 2031.

