À Aného, le projet du futur Musée d’Histoire, du Vodou et des Arts d’Aného (MHiVAA) prend progressivement forme et s’ouvre déjà au public à travers une initiative culturelle d’envergure. Depuis le 4 avril 2026, les populations sont invitées à découvrir les premières avancées du musée à travers une grande exposition photographique intitulée « Mì Va », qui se poursuit jusqu’au 2 mai 2026.
Pensée comme un véritable parcours immersif à travers la ville, cette exposition se déploie sur trois sites emblématiques : le site du MHiVAA à Aného, les jardins du Centre de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC) à Zébé, ainsi que le Palais Royal de Glidji. À travers ces différents espaces, le public est convié à explorer les fondements du projet muséal tout en découvrant des éléments forts du patrimoine local tels que les Trônes royaux, le rite de Kpessosso, les arts et artisanats traditionnels, ainsi que les visages des habitants engagés dans cette dynamique collective.
Au cœur de cette exposition, le regard de quatre photographes togolaises — Lina Mensah, Parmenas Awudza, Anouchka Agbayissah et Delphine Guinwogbegno — offre une lecture sensible et engagée du projet. Leurs œuvres mettent en lumière non seulement l’identité culturelle d’Aného, mais aussi la manière dont le musée se construit avec et pour les populations, en s’appuyant sur une participation active de la communauté.
Parmi les invités de marque ayant marqué l’ouverture de l’événement figurent l’ambassadeur de France au Togo, Augustin Favereau, la photographe Lina Mensah, ainsi que le journaliste Claudy Siar, venu apporter son soutien et son regard médiatique à cette initiative culturelle ambitieuse.
Présenté officiellement le 18 septembre 2024 lors d’une conférence de presse à Aného, le projet du MHiVAA vise la rénovation d’une bâtisse afro-brésilienne pour en faire un musée vivant, profondément ancré dans son territoire. Porté par Me Edouard-Robert Aquereburu, il repose sur une vision claire : « permettre à la fois de retourner dans le passé et de se projeter vers le futur ».
Comme il l’explique :
« On a invité les gens pour qu’ils viennent voir les travaux du rez-de-chaussée et les jardins qu’on a faits. Et avant ça, on a aussi fait travailler des jeunes artistes, on a fait travailler des publics pour savoir qu’est-ce qu’ils voyaient dans leur musée. Et donc ça nous a permis de commencer à faire une première préfiguration et ensuite on a décidé de procéder par la culture en faisant trois sites. »
Avant de préciser le choix des lieux :
« Glidji, parce que c’est le site historique du peuple Guin, le CLAC, parce que c’est un centre dédié à la jeunesse et à la culture en action, et le troisième site qui est naturellement le site du musée pour que les gens puissent avoir une idée du futur. Donc aujourd’hui, c’est à la fois retourner dans le passé, mais à la fois se projeter vers le futur. »
Cette démarche participative constitue l’un des piliers du projet. Elle se traduit par l’implication active des populations locales et des jeunes artistes, invités à contribuer à la réflexion sur le contenu et l’identité du futur musée.
L’exposition « Mì Va », fruit d’un partenariat entre l’association porteuse du projet MHiVAA, la Commune des Lacs 1, l’Ambassade de France et la Délégation de l’Union européenne au Togo, se présente ainsi comme un moment privilégié de découverte, de partage et de valorisation du patrimoine. Elle offre au public une première immersion concrète dans ce que sera demain ce musée unique, profondément enraciné dans son territoire et résolument tourné vers l’avenir.











