Au Burkina Faso, la politique souverainiste portée par le capitaine Ibrahim Traoré s’étend désormais au domaine culturel. Dans plusieurs maquis et lieux de divertissement, les DJ et animateurs sont désormais encouragés à diffuser davantage de musique locale.
La scène qui a récemment marqué les réseaux sociaux s’est déroulée dans un maquis de Bobo-Dioulasso. En pleine animation musicale, le ministre de la Culture, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a interrompu un DJ pour lui reprocher de diffuser essentiellement des morceaux étrangers.
Le ministre a appelé les professionnels du divertissement à promouvoir davantage les artistes burkinabè, conformément à la nouvelle orientation culturelle du pays.
Les autorités souhaitent désormais que la musique locale représente entre 50 % et 70 % des programmations dans les bars, maquis et espaces de loisirs. Une manière, selon le pouvoir, de soutenir l’industrie musicale nationale et de renforcer l’identité culturelle burkinabè.
Cette politique s’inscrit dans la vision souverainiste du capitaine Ibrahim Traoré, au pouvoir depuis le coup d’État de septembre 2022. Le dirigeant affirme régulièrement s’inspirer de Thomas Sankara et de son modèle de révolution populaire axée sur l’autosuffisance, le patriotisme et la souveraineté nationale.
Ces derniers mois, plusieurs initiatives allant dans ce sens ont vu le jour au Burkina Faso : promotion des produits locaux, retour du Faso Danfani dans l’administration et les écoles, création d’un orchestre officiel et multiplication des appels à “consommer burkinabè”.
Dans le secteur musical, des artistes locaux comme Floby ou Smarty bénéficient d’une visibilité accrue, tandis que des chansons interprétées par des militaires connaissent également un important succès populaire.
Mais cette dynamique suscite aussi des débats. Certains saluent une valorisation de la culture nationale, tandis que d’autres dénoncent une pression croissante sur les espaces culturels et les libertés publiques dans un contexte déjà marqué par des tensions sécuritaires et politiques.









