Le Niger poursuit son bras de fer avec les médias internationaux. Les autorités nigériennes ont annoncé, vendredi, la suspension de plusieurs organes de presse étrangers accusés de diffuser des contenus susceptibles de « troubler gravement l’ordre public » et de menacer « l’unité nationale » ainsi que « la stabilité des institutions ».
La décision a été rendue publique à travers un communiqué lu sur la télévision nationale par l’Observatoire national de la communication (ONC). Parmi les médias concernés figurent notamment France 24, RFI, AFP, TV5 Monde, TF1 Info, Jeune Afrique, Mediapart, ainsi que France Afrique Media et LSI Africa.
Une mesure de protection
Selon les autorités nigériennes, cette mesure entre en vigueur immédiatement et s’applique aux chaînes satellitaires, aux plateformes numériques, aux sites internet et aux applications mobiles de ces médias.
Les autorités nigériennes affirment vouloir protéger le pays contre les contenus jugés hostiles ou favorables aux groupes terroristes. Cette nouvelle vague de sanctions s’inscrit aussi dans la dynamique de l’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Niger, du Mali et du Burkina Faso, qui affiche une volonté de réduire l’influence des médias occidentaux, particulièrement français.
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Depuis le coup d’État de juillet 2023 ayant porté les militaires au pouvoir, le régime nigérien a multiplié les restrictions contre plusieurs médias occidentaux. Quelques jours après le putsch, RFI et France 24 avaient déjà été interdites de diffusion dans le pays. Fin 2024, la chaîne britannique BBC avait également été suspendue.
Ces derniers jours, le Burkina Faso a suspendu la diffusion de TV5 Monde, tandis que le Mali avait déjà pris des mesures similaires contre plusieurs médias français. Une stratégie commune qui témoigne du durcissement de la politique médiatique au sein des pays membres de l’AES.








