Les autorités burkinabè ont décidé d’interdire la circulation, la distribution et la vente du magazine Jeune Afrique sur l’ensemble du territoire national. La mesure figure dans une décision officielle datée du 16 janvier 2026, signée par le ministre de l’Administration territoriale, le général Abdoulaye Maïga.
Dans le document, le gouvernement accuse le mensuel de relayer des informations jugées mensongères, évoquant notamment des allégations liées à l’approvisionnement en carburant, une supposée apologie du terrorisme, des accusations d’exactions imputées aux forces armées, ainsi qu’un manque d’objectivité, de la diffamation et une incitation à la haine. Aucun article précis n’est toutefois cité pour étayer ces griefs.
Ancien hebdomadaire devenu mensuel en 2020, Jeune Afrique diffuse aujourd’hui l’essentiel de ses contenus via son site internet. Son directeur de publication, François Soudan, a réagi au micro de RFI, rejetant fermement les accusations formulées par les autorités burkinabè.
Selon lui, certaines charges relèvent de formules toutes faites, fréquemment utilisées par des régimes militaires pour disqualifier toute critique. Il estime que les motifs réels de cette interdiction sont liés aux enquêtes du magazine sur la crise du carburant et sur les violences commises contre des civils, aussi bien par des groupes armés jihadistes que par des forces régulières et des milices alliées.
François Soudan qualifie la décision de regrettable et dépassée, estimant qu’elle va à l’encontre du droit des lecteurs burkinabè à une information pluraliste, sans pour autant remettre en cause la ligne éditoriale du journal. Il assure que cette interdiction n’affectera pas la volonté de Jeune Afrique de poursuivre un travail qu’il dit fondé sur l’enquête, l’équilibre et l’indépendance.
Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de restrictions croissantes contre la presse internationale dans plusieurs pays du Sahel, où de nombreux médias étrangers sont désormais interdits ou fortement limités.











