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Togo Today

Togo–Burkina : l’ANC dénonce l’extradition de Paul-Henri Damiba

Togo : Le putschiste Paul-Henri Sandaogo Damiba etradé au Burkina Faso

L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) a exprimé sa vive indignation après l’extradition de Paul-Henri Sandaogo Damiba, ancien président de la transition burkinabè, du Togo vers le Burkina Faso. Dans une déclaration rendue publique, le parti d’opposition dénonce une décision aux conséquences graves sur les plans juridique, politique et humanitaire.

Selon l’ANC, cette extradition remet en cause les principes fondamentaux du droit d’asile et du droit international. Le parti estime que le Togo a rompu avec les valeurs humanistes qu’il revendiquait jusque-là, en livrant un ancien chef d’État renversé par un coup d’État militaire aux autorités issues de ce même régime.

L’opposition rappelle que Paul-Henri Damiba bénéficiait, depuis plus de trois ans, d’une protection accordée par l’État togolais en tant que réfugié politique. À ce titre, son renvoi vers son pays d’origine est qualifié par l’ANC de refoulement politique déguisé, en violation du principe de non-refoulement, pilier du droit international des réfugiés.

Pour Jean-Pierre Fabre, président de l’ANC, aucun État respectueux du droit ne peut remettre un réfugié aux autorités qu’il a précisément fuies, surtout lorsqu’il s’agit d’un régime militaire. Il rejette également les assurances données par le gouvernement togolais sur la sécurité, la dignité et le respect des droits de l’ancien président burkinabè.

Le parti met aussi en doute les accusations portées contre Paul-Henri Damiba, notamment celles liées à des détournements de fonds, à la corruption ou au blanchiment de capitaux. L’ANC estime que ces charges relèvent davantage d’un prétexte politique que d’une procédure judiciaire fondée sur des décisions indépendantes et des preuves établies.

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Enfin, l’ANC déplore une décision jugée unilatérale, opaque et prise en dehors de toute procédure contradictoire. Même en cas de soupçons sérieux, le parti soutient que le Togo disposait d’autres options légales, comme un transfert vers un pays tiers sûr, plutôt qu’une extradition directe vers le Burkina Faso.

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