Au Togo, l’arrestation récente de Yao Makpaou met en lumière un phénomène préoccupant : l’usurpation de titres et le trafic d’influence autour des affaires foncières.
Pendant plusieurs années, l’individu se serait fait passer pour un « conseiller du Président du Conseil », intervenant notamment dans des litiges fonciers dans la zone de Togblékopé, en périphérie de Lomé. Selon les premières informations, il utilisait de faux documents, revendiquait une proximité avec les autorités et intimidait les populations pour s’imposer dans les différends.
Mais ce cas ne serait pas isolé. Dans plusieurs régions du pays, des personnes se présentent comme des intermédiaires influents, exploitant la complexité des procédures administratives et les failles du système foncier pour tirer profit des conflits liés à la terre.
Le secteur foncier apparaît ainsi comme un terrain particulièrement vulnérable. Entre manque de sécurisation des titres, lenteurs administratives et méconnaissance des procédures, certains individus parviennent à manipuler des situations au détriment des populations, parfois déjà fragilisées.
Au-delà des pertes économiques, ces pratiques contribuent à accentuer les tensions sociales. Elles alimentent la méfiance envers les institutions et peuvent provoquer des conflits ouverts entre communautés ou familles.
Dans le cas de Yao Makpaou, les enquêteurs ont procédé à des filatures et à des vérifications documentaires avant son interpellation par la Gendarmerie nationale. Placé en garde à vue, il devrait être présenté au procureur pour répondre notamment d’usurpation de titre, usage de faux et trafic d’influence.
Cette affaire relance le débat sur la nécessité de renforcer à la fois le cadre juridique et les mécanismes de gestion du foncier, afin de préserver la cohésion sociale et la crédibilité des institutions.











