En marge du Forum économique mondial de Davos, le président américain Donald Trump a officiellement signé, jeudi, la charte fondatrice de son « Conseil de paix », une nouvelle organisation internationale destinée, selon la Maison Blanche, à mettre en œuvre son plan de paix pour Gaza et à superviser plusieurs dossiers géopolitiques majeurs.
Devant un parterre de dirigeants internationaux, Trump a ainsi donné corps à une initiative controversée, initialement intégrée à son plan en vingt points pour Gaza, négocié lors du cessez-le-feu d’octobre dernier.
Un projet ambitieux… et très critiqué
Au cœur de la vision de Trump figure un projet baptisé « Nouveau Gaza », visant à transformer le territoire palestinien dévasté en un vaste complexe immobilier en bord de mer, composé de gratte-ciels et d’infrastructures de luxe. Fidèle à son passé de promoteur immobilier, le président américain s’est montré enthousiaste :
« Je vais avoir beaucoup de succès à Gaza. Regardez ce terrain en bord de mer, ce que cela pourrait devenir pour tant de gens », a-t-il déclaré.
Mais cette approche, mêlant diplomatie et logique immobilière, suscite de fortes réserves sur la scène internationale.
35 pays signataires, l’Europe divisée
À ce stade, 35 pays ont accepté de rejoindre le Conseil de paix, parmi lesquels la Russie, le Maroc, la Turquie, l’Indonésie, l’Arabie saoudite et le Qatar. Des alliés proches de Trump, comme le président argentin Javier Milei et le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, étaient présents lors de la cérémonie.
En revanche, plusieurs poids lourds occidentaux ont décliné l’invitation. La France et le Royaume-Uni ont refusé d’adhérer, estimant que le rôle encore flou de cette nouvelle structure risque d’empiéter sur les prérogatives de l’ONU, régulièrement critiquée par Trump.
Autre point sensible : l’adhésion à un siège permanent au sein du Conseil de paix est fixée à un milliard de dollars, un montant jugé dissuasif et politiquement problématique par plusieurs chancelleries.
Gaza, Ukraine, Iran : Trump sur tous les fronts
Première annonce concrète du Conseil de paix : la réouverture prochaine du poste-frontière de Rafah, entre l’Égypte et Gaza, dans les deux sens, avec l’accord d’Israël, membre de l’initiative.
À Davos, Donald Trump s’est également entretenu avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, appelant la Russie à mettre fin à la guerre en Ukraine. Zelensky a reconnu des échanges « difficiles » mais jugés essentiels, soulignant que toute garantie de sécurité reste impossible sans l’appui des États-Unis.
Trump a par ailleurs affirmé que l’Iran souhaitait reprendre le dialogue avec Washington, tout en avertissant le Hamas qu’il devrait déposer les armes sous peine de disparition.
Le Groenland, nouveau point de tension
Enfin, sur le dossier sensible du Groenland, Trump a évoqué un cadre de discussions avec le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, afin de renforcer la sécurité de l’Arctique face à la Russie et à la Chine. Une perspective aussitôt tempérée par le Danemark, qui a rappelé sa ligne rouge sur la souveraineté du territoire.











