L’affaire fait grand bruit au Bénin. Soumaila Sounon Boké, ex-figure du parti Les Démocrates, a été condamné à cinq ans de prison ferme par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), assortis d’une amende de 10 millions de francs CFA.
Il est reconnu coupable d’“apologie de crime contre la sûreté de l’État” et d’“incitation à la haine”, dans une affaire qui trouve son origine dans un simple message envoyé sur WhatsApp.
Un message de trois mots au cœur du dossier
Les faits remontent au 7 décembre, lors d’une période de tension au Bénin marquée par une tentative de coup d’État visant le président Patrice Talon.
Dans un groupe WhatsApp, Soumaila Sounon Boké aurait écrit : « c’est jour de fête ». Pour le parquet spécial, ces quelques mots auraient traduit une forme de satisfaction face aux troubles touchant les institutions, ce qui a été interprété comme une infraction grave.
Une défense qui parle de “maladresse”
À la barre, l’ancien député a contesté les accusations. Il a expliqué qu’il s’agirait d’un message mal formulé, voire d’une phrase envoyée de manière involontaire et incomplète. Il a également insisté sur son attachement aux valeurs démocratiques et au respect des institutions.
Mais cette version n’a pas convaincu la Cour, qui a estimé que le message ne pouvait pas être interprété comme une simple erreur.
Une condamnation lourde et une salle sous tension
Le procès s’est déroulé dans une atmosphère tendue. Vêtu de blanc, l’accusé est resté silencieux au moment du verdict, affichant une attitude calme mais fermée.
Selon les observateurs présents, cette posture avait déjà été remarquée lors des audiences précédentes, où il s’en remettait principalement à la justice.
Cette condamnation marque un tournant important dans le parcours politique et personnel de l’ancien élu, déjà en retrait de son parti depuis sa détention.
La défense annonce un appel
Pour la défense, la sanction est jugée particulièrement sévère au regard des faits reprochés. Me Aboubacar Ba Parapé, avocat de Soumaila Sounon Boké, a annoncé son intention de faire appel de la décision.
Un nouveau chapitre judiciaire pourrait donc s’ouvrir prochainement devant la chambre d’appel, dans une affaire qui continue de susciter de nombreuses réactions au Bénin.











