Et si l’époux pouvait, lui aussi, être déclaré comme personne à charge ?
C’est l’une des propositions inédites formulées par la Direction générale du budget et des finances (DGBF) pour réduire les inégalités fiscales entre hommes et femmes au Togo.
Aujourd’hui, seul l’homme peut bénéficier de cet avantage fiscal dans le calcul de l’impôt sur le revenu (IRPP).
Le ministère souhaite corriger cette asymétrie en permettant également à la femme fonctionnaire de déclarer son mari comme charge, si celui-ci dépend d’elle financièrement.
Une réforme pour l’égalité fiscale
Cette mesure vise à aligner le système fiscal sur les principes de parité et d’équité de genre déjà inscrits dans la législation togolaise.
Selon la DGBF, la fiscalité actuelle demeure neutre en apparence, mais n’intègre pas suffisamment les réalités économiques des femmes, majoritaires dans le secteur informel.
Des allègements proposés pour les femmes commerçantes
Le rapport suggère aussi une réduction des prélèvements douaniers et de solidarité pour les femmes opératrices économiques :
- Le prélèvement de l’Union Africaine passerait de 0,2% à 0,1%,
- Le prélèvement national de solidarité, de 0,5% à 0,2%,
afin de soutenir les femmes du secteur informel, qui représentent 54% des actifs.
Budgets sensibles au genre : des progrès, mais encore lents
Les allocations budgétaires liées au genre sont passées de 20 milliards FCFA en 2022 à 30,5 milliards en 2024, soit une hausse de 52%.
Mais leur part dans le budget de l’État reste faible : 1,35% seulement en 2024.
Le ministère plaide pour une intégration systématique du genre dans les politiques publiques et budgétaires, avec plus de données désagrégées par sexe et des plans genre dans chaque ministère.
Des disparités encore fortes
- Seulement 21,7% des postes de responsabilité sont occupés par des femmes,
- 2,6% de propriété foncière féminine dans les Savanes,
- 18,5% de femmes à l’Assemblée nationale.
Pourtant, les progrès sont réels :
- 41% des bénéficiaires des zones agricoles aménagées sont des femmes,
- L’initiative Wezou a accompagné plus de 400 000 femmes enceintes,
- Et le taux d’achèvement scolaire des filles au primaire atteint 95,7%.











