Nouvelle étape dans l’affaire des deux journalistes français et de leur fixeur togolais arrêtés au Togo. Après plusieurs semaines de détention, Gaël Mocaër, Sebastian Perez Pezzani et leur collaborateur togolais bénéficient désormais d’une liberté provisoire, sur décision du juge d’instruction chargé du dossier.
Cette mesure leur permet de retrouver leur liberté, mais ne met pas fin à la procédure judiciaire. L’information judiciaire se poursuit et le magistrat instructeur devra encore examiner les faits reprochés aux trois membres de l’équipe.
Une arrestation lors d’un tournage dans le nord du Togo
Les faits remontent au 27 juillet 2026, lorsque les deux journalistes français et leur fixeur ont été interpellés au marché de Matchatom, dans la préfecture de la Binah, alors qu’ils réalisaient un tournage pour un projet documentaire.
L’équipe travaillait sur le documentaire « Les Routes de l’impossible », produit par la société française Tony Comiti Productions. Selon les autorités togolaises, plusieurs questions liées aux conditions du tournage avaient alors été relevées, notamment l’utilisation d’un drone dont les caractéristiques n’auraient pas été préalablement déclarées, ainsi que les autorisations administratives et les zones couvertes par l’équipe.
Le gouvernement avait précisé que l’autorisation délivrée le 19 juin 2026 par le ministère chargé du Tourisme, de la Culture et des Arts était établie au nom de Komi Mawufemo Védomey, producteur-réalisateur togolais et seul requérant identifié. Cette autorisation était également assortie de formalités et limitée à certaines localités.
Selon les autorités, l’équipe s’était toutefois rendue dans des zones qui ne figuraient pas dans le périmètre autorisé, notamment Mango, Guérin-Kouka et Matchatom.
Une procédure ouverte pour « fausses déclarations »
Après leur interpellation, les trois membres de l’équipe avaient été conduits à Lomé, tandis que leur matériel était saisi. Une enquête avait été ouverte sous l’autorité du parquet de Lomé.
Le 17 août, ils avaient été présentés au procureur de la République et entendus en présence de leur avocat. Une information judiciaire avait ensuite été ouverte et confiée à un juge d’instruction.
Les trois intéressés avaient alors été inculpés pour « fausses déclarations », sur le fondement de l’article 680, 5° du nouveau Code pénal togolais, avant d’être placés sous mandat de dépôt.
Les autorités togolaises avaient par ailleurs insisté sur le fait que, selon leur position, la procédure ne portait ni sur le contenu du documentaire ni sur l’exercice de la liberté de la presse, mais sur les conditions administratives et réglementaires dans lesquelles le tournage aurait été réalisé.
La liberté provisoire ne clôt pas le dossier
La décision du juge d’instruction constitue désormais une nouvelle étape dans cette affaire. Les trois membres de l’équipe ne sont plus placés sous mandat de dépôt, mais restent concernés par la procédure judiciaire.
L’information judiciaire se poursuit donc, le magistrat instructeur devant continuer ses investigations avant de déterminer les suites à donner au dossier.
La liberté provisoire ne constitue ni une décision de relaxe ni un abandon des poursuites. Elle ne préjuge pas non plus de la culpabilité ou de l’innocence des trois intéressés.
L’affaire reste ainsi entre les mains de la justice togolaise, dans l’attente des conclusions de l’instruction.


