Le marché togolais des télécommunications atteint un cap symbolique. À fin septembre 2025, le nombre d’abonnements à la téléphonie mobile s’élève à 8,69 millions, soit un taux de pénétration de 100,31 %, pour une population estimée à 8,67 millions d’habitants, selon les données publiées par l’ARCEP dans son rapport du troisième trimestre 2025.
Un marché mobile arrivé à maturité… mais encore dynamique
Ce dépassement des 100 % ne signifie pas que chaque Togolais possède un téléphone, mais reflète le nombre de cartes SIM actives, plusieurs utilisateurs disposant de plusieurs lignes.
Malgré cette maturité apparente, le secteur reste en croissance : le parc mobile a progressé de 17 % en un an, porté par la data, les services numériques et le mobile money.
À l’inverse, la téléphonie fixe demeure marginale, avec 84 050 abonnements et un taux de pénétration inférieur à 1 %.
Internet mobile : la 4G s’impose, la 2G recule
L’usage de l’internet mobile poursuit sa montée en puissance.
Les abonnements 3G et 4G atteignent 4,93 millions, en hausse de 5 % sur un trimestre.
En parallèle, la 2G recule de 6 %, confirmant la transition progressive vers le haut débit mobile.
La fibre optique à domicile (FTTH) continue également de progresser, mais à un rythme plus modéré qu’en 2024. À fin septembre 2025, elle affiche un taux de pénétration de 1,53 %, avec une hausse annuelle de 12,5 %.
Chiffre d’affaires en hausse, investissements en recul
Au troisième trimestre 2025, le trafic data mobile a augmenté de 16 %, tandis que le trafic voix sortant progresse de 8 %.
Le chiffre d’affaires global du secteur atteint 65,88 milliards FCFA, dont 56 milliards FCFA générés par le mobile.
Cependant, les investissements des opérateurs reculent en glissement annuel, malgré un léger rebond trimestriel, soulevant des interrogations sur la capacité du secteur à soutenir durablement la croissance.
Mobile money : forte croissance, mais défis persistants
Le mobile money reste l’un des moteurs majeurs du numérique au Togo.
En 2025, le nombre d’abonnés a progressé de 21 % sur un an, tandis que la valeur des transactions a bondi de 33 %.
Cette performance cache toutefois certaines limites :
multiplication des comptes par un même utilisateur,
concentration des transactions sur une minorité d’usagers actifs,
disparités entre zones urbaines et rurales.
Malgré ces défis, le Togo demeure l’un des pays les plus performants de l’UEMOA en matière de services financiers numériques.











