Le Royaume-Uni durcit sa politique migratoire en annonçant la suspension de plusieurs catégories de visas. Le gouvernement britannique a décidé de ne plus délivrer de visas d’étude aux ressortissants de l’Afghanistan, du Cameroun, de la Birmanie et du Soudan. Par ailleurs, certains visas de travail destinés aux Afghans sont également suspendus.
Les autorités justifient cette mesure par une hausse jugée préoccupante des demandes d’asile émanant de personnes initialement entrées sur le territoire avec un visa légal. Selon le Home Office, ces procédures auraient fortement augmenté ces dernières années, les demandes introduites par des étudiants originaires des quatre pays concernés ayant progressé de manière significative depuis 2021.
La ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, évoque une décision « exceptionnelle » visant à préserver l’intégrité du système migratoire britannique. La nouvelle règle doit entrer en vigueur le 26 mars prochain.
Cette annonce intervient dans un contexte politique marqué par la volonté du gouvernement travailliste de Keir Starmer de réduire l’immigration, qu’elle soit régulière ou irrégulière. Les chiffres officiels indiquent que les demandes d’asile ont atteint un niveau record en 2024 avant de légèrement reculer en 2025.
Londres met également en avant le coût du dispositif d’accueil des demandeurs d’asile, estimé à plus de 4 milliards de livres sterling par an. Sur la période récente, plusieurs milliers de visas d’étude ont été délivrés aux ressortissants des pays désormais ciblés, tandis qu’un nombre non négligeable de titulaires ont ensuite déposé une demande d’asile.
Le gouvernement souligne toutefois avoir accueilli des dizaines de milliers d’Afghans depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021, dans le cadre de programmes humanitaires spécifiques. En parallèle, une réforme plus large de la politique d’asile est en cours. Elle prévoit notamment un allongement du délai d’accès à la résidence permanente pour les réfugiés ainsi qu’une limitation de la durée initiale du statut de protection.
Ces nouvelles restrictions s’inscrivent dans une stratégie plus globale de fermeté migratoire, Londres ayant déjà utilisé la délivrance de visas comme levier diplomatique pour faciliter les retours de migrants en situation irrégulière vers certains pays partenaires.










