En Ouganda, dix personnes ont été tuées lors d’une intervention des forces de sécurité au domicile d’un député de l’opposition, en marge des élections organisées jeudi sous coupure totale d’internet, selon des déclarations recueillies par l’AFP.
Le député Muwanga Kivumbi, cadre du National Unity Platform (NUP) et élu de la circonscription de Butambala, affirme que les victimes faisaient partie de son équipe de campagne. « Dix personnes ont été tuées à l’intérieur de ma maison », a-t-il déclaré vendredi 16 janvier, se disant profondément affecté par les événements.
Selon son témoignage, plusieurs centaines de partisans s’étaient rassemblés à son domicile après la fermeture des bureaux de vote. L’arrivée des forces de sécurité aurait provoqué une panique générale, poussant de nombreux militants à fuir. Dix agents de campagne se seraient réfugiés dans un garage, où ils auraient été abattus, selon son épouse, Zahara Nampewo, professeure de droit.
Cette version est contestée par la police. La porte-parole de la police locale, Lydia Tumushabe, affirme que les forces de l’ordre ont empêché un groupe de militants du NUP qu’elle qualifie de « voyous » de s’attaquer à un centre de compilation des résultats et à un poste de police. Elle reconnaît qu’« un nombre non précisé d’individus ont été neutralisés » et indique que 25 personnes ont été arrêtées et inculpées pour destruction de biens publics.
Le couple affirme que les corps ont été retirés de leur domicile par les forces de sécurité. Ils disent toutefois avoir confirmé le bilan de dix morts auprès d’un hôpital voisin.
Aucune image de la scène n’a pu être obtenue, en raison du blackout numérique national imposé par les autorités pendant le scrutin.
« Je suis extrêmement inquiète. Les forces de sécurité ont été redéployées autour de notre maison », a confié Zahara Nampewo. « Voir des corps sans vie est une expérience traumatisante qui ne s’efface pas facilemen











