Les autorités burkinabè ont exprimé leur gratitude envers le Togo après l’extradition de l’ancien président de la transition, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, arrêté à Lomé la semaine dernière.
Dans un communiqué diffusé mercredi, le ministre burkinabè de la Justice, Me Edasso Rodrigue Bayala, a souligné la « parfaite coopération judiciaire » entre les deux pays, estimant que cette procédure illustre « la solidité des relations bilatérales » et la volonté commune de renforcer la lutte contre l’impunité en Afrique de l’Ouest.
Une extradition hautement symbolique
Exilé au Togo depuis son renversement en 2022, Damiba a été interpellé à Lomé le 16 janvier 2026, avant d’être remis aux autorités burkinabè le lendemain, après un avis favorable de la cour d’appel togolaise.
Cette extradition met fin à plusieurs mois de tensions diplomatiques autour de la présence de l’ancien chef de la transition sur le sol togolais.
Selon le ministère burkinabè de la Justice, l’opération s’est déroulée dans le cadre d’une coopération pénale internationale exemplaire, marquant une nouvelle étape dans la collaboration sécuritaire régionale.
Des accusations lourdes de sens
Depuis sa chute du pouvoir, Paul-Henri Sandaogo Damiba est soupçonné d’avoir orchestré plusieurs tentatives de coup d’État contre le régime en place, la plus récente ayant été déjouée début janvier 2026.
Les autorités de Ouagadougou affirment détenir des preuves compromettantes attestant de son rôle dans des projets visant à renverser le gouvernement de transition dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré.
Des poursuites pour crimes économiques et politiques
Outre les accusations de déstabilisation, Damiba fait face à une série de poursuites judiciaires pour :
détournement et enrichissement illicite,
corruption et recel aggravé,
blanchiment de capitaux,
incitation à commettre des délits et crimes.
Selon le ministre de la Justice, ces procédures s’inscrivent dans une stratégie nationale de lutte contre la corruption et les manœuvres subversives, visant à « protéger les institutions et restaurer la confiance du peuple dans l’État de droit ».











