La visite à Lomé de la vice-ministre allemande des Affaires étrangères, Serap Güler, a également permis d’aborder un dossier particulièrement sensible entre le Togo et l’Allemagne : celui de la restitution des biens culturels et des restes humains emportés durant la période coloniale.
Selon des informations relayées par Deutsche Welle (DW), la responsable allemande a rencontré plusieurs experts togolais spécialisés sur cette question mémorielle et patrimoniale.
Au cours des échanges, Serap Güler a affirmé la volonté de Berlin de poursuivre les discussions et de progresser concrètement sur le sujet.
« C’était un sujet particulièrement sensible ici au Togo, en raison du passé colonial de notre pays. Nous sommes prêts à assumer notre responsabilité historique », a-t-elle déclaré.
Un dossier historique toujours sensible
Le Togo fut un protectorat allemand entre 1884 et 1914, avant le partage du territoire entre la France et le Royaume-Uni après la Première Guerre mondiale.
Durant cette période coloniale, plusieurs objets culturels, œuvres d’art et restes humains ont quitté le territoire africain pour rejoindre des collections européennes, comme ce fut le cas dans de nombreux pays du continent.
Depuis plusieurs années, les demandes de restitution se multiplient en Afrique, poussant plusieurs États européens à revoir leur politique sur la gestion des biens issus de la colonisation.
Une nouvelle structure allemande dédiée aux restitutions
Lors de sa visite, Serap Güler a également présenté le Conseil de coordination pour la restitution des biens culturels et des restes humains issus des contextes coloniaux, récemment créé en Allemagne et placé sous sa présidence.
Cette instance a pour mission de coordonner les démarches de restitution et de faciliter le dialogue avec les pays concernés.
La vice-ministre allemande a par ailleurs salué la décision des autorités togolaises de mettre en place un comité national chargé des questions de restitution.
« Nous attendons avec impatience la création de cette commission au Togo afin de pouvoir aller de l’avant de manière décisive », a-t-elle indiqué.
Un mouvement international de restitution
Ces dernières années, plusieurs pays européens, dont l’Allemagne et la France, ont engagé des processus de retour d’objets d’art et d’archives vers des États africains.
L’Allemagne a notamment restitué des œuvres et objets historiques au Nigeria et à la Namibie, dans une dynamique plus large de reconnaissance des héritages coloniaux.
Au Togo, ce débat prend une dimension à la fois historique, culturelle et identitaire, alors que les autorités souhaitent mieux préserver et valoriser le patrimoine national.











