La capitale togolaise a accueilli du 11 au 13 mai 2026 la Conférence régionale sur la nutrition et le développement de la petite enfance en Afrique de l’Ouest et du Centre. Organisée sous l’égide du Groupe de la Banque mondiale, en partenariat avec le gouvernement togolais, l’OMS, l’UNICEF et le Programme alimentaire mondial (PAM), la rencontre a réuni des ministres et délégations de 22 pays.
Les travaux se sont achevés par l’adoption d’un texte commun baptisé “Déclaration de Lomé”, un appel à l’action régional structuré autour de plusieurs engagements prioritaires pour les trois prochaines années.
Une situation nutritionnelle préoccupante dans la région
Au cours des échanges, les participants ont dressé un constat alarmant sur la situation nutritionnelle en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Selon les données présentées :
- près d’un enfant sur quatre souffre d’un retard de croissance,
- environ 65 millions de femmes sont touchées par l’anémie,
- tandis que certains pays restent confrontés à des taux élevés de malnutrition chronique et de mortalité maternelle.
Les crises sécuritaires, les déplacements de populations, la hausse des prix alimentaires et la baisse de certaines aides internationales aggravent également la vulnérabilité des familles.
La représentante du Groupe de la Banque mondiale au Togo, Tony Verheijen, a notamment souligné que le nombre d’enfants souffrant de malnutrition continue d’augmenter dans la région malgré les efforts engagés.
Quatre priorités mises en avant
La directrice régionale du PAM, Kinday Ndella Samba, a identifié plusieurs priorités opérationnelles pour améliorer durablement la situation.
Les recommandations portent notamment sur :
- l’intégration des services de santé pour les femmes et les enfants,
- la transformation des systèmes alimentaires afin de rendre les aliments nutritifs plus accessibles,
- le renforcement de la scolarisation des filles,
- ainsi que le soutien au pouvoir d’achat des familles via des mécanismes de protection sociale et de création d’emplois.
La Banque mondiale a également rappelé l’importance d’accélérer les financements consacrés à la nutrition et au développement de la petite enfance.
La Déclaration de Lomé comme feuille de route régionale
La séance de clôture a été présidée par la ministre togolaise des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, Martine Moni Sankaredja, qui a appelé les États à transformer les engagements pris en actions concrètes.
La Déclaration de Lomé, lue au nom des pays participants par la ministre centrafricaine Marthe-Augustine Kirimat, repose sur six grands axes :
- le renforcement de la gouvernance,
- l’augmentation des investissements,
- l’accès à des services intégrés,
- la formation des personnels,
- la promotion de l’équité,
- et la coopération régionale.
Le document insiste particulièrement sur l’importance des 2 000 premiers jours de vie, considérés par les experts comme déterminants pour la santé, le développement cognitif et l’avenir économique des enfants.
Un enjeu stratégique pour le capital humain africain
Les participants ont rappelé que l’amélioration de la nutrition infantile constitue un investissement majeur pour le développement du capital humain, la croissance économique et la réduction de la pauvreté.
À travers cette conférence, Lomé confirme également sa volonté de jouer un rôle actif dans les initiatives régionales liées à la santé publique et à la protection sociale.











