Au Togo, les mariages précoces demeurent une réalité malgré les efforts engagés pour protéger les filles. Selon les données de l’UNICEF, une femme sur quatre âgée de 20 à 24 ans a été mariée avant ses 18 ans. Le phénomène reste particulièrement marqué en milieu rural et chez les femmes ayant un faible niveau d’instruction.
Un phénomène qui touche encore une jeune femme sur quatre
Selon les données de l’UNICEF, 25 % des femmes âgées de 20 à 24 ans au Togo ont été mariées avant l’âge de 18 ans. La situation concerne également les mariages très précoces, puisque 6 % de ces femmes ont été mariées avant leurs 15 ans.
Les écarts sont particulièrement importants selon le lieu de résidence. En milieu rural, 31 % des jeunes femmes ont été mariées avant leur majorité, contre 18 % en zone urbaine. Le niveau d’instruction apparaît également comme un facteur déterminant.
L’éducation, un facteur de protection
La proportion de mariages avant 18 ans atteint 49 % chez les femmes sans instruction, alors qu’elle tombe à 12 % chez celles ayant atteint le secondaire ou un niveau supérieur. Ces chiffres mettent en évidence le rôle de la scolarisation dans la prévention des mariages précoces.
La pauvreté, certaines normes sociales et des traditions figurent parmi les principaux facteurs associés à la persistance du phénomène. Dans certaines communautés, le mariage précoce peut encore être considéré comme un moyen d’assurer une forme de sécurité économique ou sociale aux jeunes filles.
Des conséquences importantes pour les filles
Les conséquences sont multiples. Les filles mariées précocement sont davantage exposées à la violence domestique et au décrochage scolaire. Les grossesses précoces, fréquemment associées à ces unions, peuvent également accroître les risques de complications pendant la grossesse et l’accouchement.
Au Togo, l’âge légal minimum du mariage est fixé à 18 ans, même si la législation prévoit certaines dérogations. Face à cette situation, les autorités et les organisations de protection de l’enfance misent notamment sur la scolarisation, la sensibilisation des familles et le renforcement des mécanismes de protection.
Le Togo affiche toutefois un taux inférieur à la moyenne de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, estimée à 37 %, mais demeure au-dessus de la moyenne mondiale, évaluée à 19 %.


