L’enquête judiciaire sur la tentative de coup d’État du 7 décembre au Bénin connaît un nouveau développement avec l’arrestation d’Allassane Tigri, ancien ministre et vice-président du parti d’opposition Les Démocrates. Placé en détention provisoire jeudi soir, il est poursuivi par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) pour attentat contre l’autorité de l’État, complicité de meurtre et trahison.
Allassane Tigri est le frère aîné du lieutenant-colonel Pascal Tigri, désigné par les autorités comme l’instigateur de la tentative de putsch visant le président Patrice Talon. Son interpellation fait suite à l’émission d’un mandat d’arrêt par le juge d’instruction en charge du dossier. Arrêté mercredi à son domicile à Cotonou, il a été successivement présenté au magistrat instructeur puis au juge des libertés et de la détention, en présence de son avocat.
À l’issue d’une audience tenue à huis clos, la juridiction a ordonné son placement en détention provisoire. Selon des sources judiciaires, l’ancien ministre a quitté les locaux de la CRIET en début de soirée pour être conduit à la maison d’arrêt, sans être menotté. Il serait rentré au Bénin au début de la semaine après un séjour à l’étranger.
Dès son arrivée à l’aéroport de Cotonou, les forces de l’ordre avaient saisi son passeport et l’avaient convoqué devant le juge d’instruction. Les enquêteurs s’intéressaient à son cas depuis plusieurs semaines, mais son absence du territoire avait retardé la procédure. Son non-respect de la convocation judiciaire a conduit à son arrestation à domicile.
À ce stade de l’enquête, plus d’une cinquantaine de personnes sont placées en détention provisoire et une quinzaine de mandats d’arrêt ont été délivrés, illustrant l’ampleur du dossier lié à cette tentative de déstabilisation institutionnelle.











