Lors du Africa CEO Forum tenu à Kigali le 15 mai, le président nigérian Bola Tinubu a lancé un appel appuyé aux citoyens : payer leurs impôts est, selon lui, une obligation essentielle pour permettre au pays de financer ses infrastructures, ses hôpitaux, son système éducatif et les programmes sociaux destinés aux populations vulnérables. Une prise de parole qui suscite déjà de nombreuses réactions.
“Pas de développement sans contribution citoyenne”
Dans un discours direct, le chef de l’État a pointé ce qu’il considère comme une contradiction majeure dans la société nigériane.
« Tout le monde veut de bonnes routes et des hôpitaux bien équipés, mais personne ne veut contribuer à travers les impôts », a déclaré Bola Tinubu, estimant que le financement du développement repose sur la responsabilité fiscale des citoyens.
Il a ajouté une phrase qui fait déjà débat :
« Un citoyen qui paie ses impôts est un citoyen. Si vous ne payez pas d’impôts sans être exempté, alors vous ne remplissez pas votre obligation. »
Des réformes économiques défendues malgré la pression
Au-delà de la question fiscale, le président a également défendu les réformes économiques engagées par son administration, notamment la suppression des subventions sur le carburant et la réforme du marché des changes.
Selon lui, ces mesures étaient inévitables pour éviter un effondrement économique.
Il a expliqué que le pays ne pouvait plus supporter un système qui, selon ses mots, “consommait les ressources des générations futures avant même leur naissance”.
Une économie sous pression avant les réformes

Revenant sur la situation passée, Bola Tinubu a rappelé que plusieurs États nigérians avaient du mal à payer les salaires, malgré les revenus pétroliers du pays.
Il a également dénoncé un modèle jugé incohérent :
un pays producteur de pétrole, fortement subventionné sur le carburant, mais avec des raffineries non opérationnelles.
Pour lui, cette situation était devenue intenable et nécessitait un changement radical. Des résultats encore discutés mais des signaux positifs selon le président
Le président reconnaît que les réformes ont provoqué des difficultés économiques et des critiques importantes au début de leur mise en œuvre.
Cependant, il affirme que des signes d’amélioration commencent à apparaître, notamment une meilleure stabilité du naira, facilitant la planification pour les entreprises et les institutions publiques.
Il a également indiqué que les économies réalisées grâce aux réformes permettent désormais d’étendre des programmes d’aide sociale, notamment dans l’éducation et le soutien aux ménages vulnérables.
Un discours qui divise déjà l’opinion
Sur les réseaux sociaux, ces déclarations alimentent un débat intense. Certains estiment que le président remet la responsabilité citoyenne au centre du développement national. D’autres, en revanche, rappellent les difficultés économiques actuelles et questionnent le moment choisi pour ce type de discours.
Le sujet continue de faire réagir, alors que les Nigérians restent partagés entre adhésion aux réformes et pression du coût de la vie.










