Sokpor Kossi Sitsopé Honoré, connu sous le nom d’Affectio, a été arrêté le 24 avril 2026 alors qu’il filmait un chantier situé près du domicile de ses parents. Depuis, l’artiste est détenu à la brigade d’Agoè-Nyivé. L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) dénonce une détention arbitraire et réclame sa libération immédiate.
Selon les informations relayées par le parti, l’interpellation a été effectuée par l’unité Anti-gang alors que le jeune homme réalisait des images présentées par ses proches comme une simple documentation personnelle, sans objectif politique. Informé de la situation, le président de l’ANC, Jean-Pierre Fabre, s’est rendu à la gendarmerie, puis au siège de l’unité Anti-gang à Djidjolé, où il lui a été indiqué que le dossier ferait l’objet d’un traitement diligent.
Quelques jours plus tard, les autorités évoquent l’exploitation du téléphone de l’artiste, qui aurait révélé d’autres images, justifiant la poursuite des investigations. Toutefois, Affectio reste en détention. L’ANC souligne que la durée de cette détention dépasse le délai légal de garde à vue, fixé à quatre jours maximum.
Cette affaire intervient dans un contexte particulier pour l’artiste. En janvier 2025, il avait été arrêté puis détenu pendant près d’un an à la suite de la diffusion d’un poème intitulé « Fais ta part », considéré par les autorités comme une atteinte à l’ordre public. Il avait finalement été libéré en décembre 2025, sans jugement définitif.
À l’époque, cette arrestation avait suscité des réactions de la part d’organisations de défense des droits humains, qui avaient dénoncé une atteinte à la liberté d’expression artistique.
Aujourd’hui, la nouvelle détention d’Affectio relance les interrogations. Pour l’ANC, il s’agit d’un schéma qui se répète et d’une forme de harcèlement. Le parti exige sa libération « immédiate et sans condition ».
De leur côté, les autorités judiciaires n’ont pas encore communiqué officiellement sur les motifs précis du maintien en détention. Cette absence d’explication alimente les interrogations, dans un contexte où la question de la liberté d’expression et du respect des procédures judiciaires reste particulièrement sensible.











