L’État du Qatar a pris une part active à la réunion de haut niveau de Lomé, initiée par le président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur désigné de l’Union africaine (UA) pour la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Cette rencontre, consacrée à la cohérence et à la consolidation du processus de paix en RDC et dans la région des Grands Lacs, a été saluée par Doha comme le signe d’une dynamique soutenue en faveur de la paix et de la stabilité régionales.
Le Qatar, qui joue un rôle de médiateur entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23, considère l’initiative togolaise comme un prolongement des efforts internationaux visant à restaurer la sécurité dans l’Est congolais.
Une participation officielle du Qatar à Lomé
Lors de cette réunion de haut niveau tenue à Lomé, l’État du Qatar était représenté par Ahmed Essa Al Sulaiti, conseiller auprès du ministre d’État au ministère des Affaires étrangères.
Dans un communiqué, la diplomatie qatarie précise que les échanges ont porté sur la gestion de la crise humanitaire persistante dans la région des Grands Lacs, ainsi que sur l’exploration de pistes concrètes pour parvenir à une paix durable. Les discussions ont également abordé le renforcement de la coordination politique, le développement de la sécurité régionale et des mécanismes de désescalade, le soutien aux efforts humanitaires et la promotion de l’intégration économique.
« La réunion s’est tenue à la suite de la signature du Cadre de Doha pour la paix entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et l’Alliance du fleuve Congo (Mouvement M23), témoignant d’une dynamique soutenue dans les efforts visant à promouvoir la paix et la stabilité dans la région », souligne le communiqué du ministère des Affaires étrangères de l’État du Qatar.
Pas de nouvelle initiative, mais un renforcement de la médiation africaine
Aucune nouvelle initiative de paix n’a été annoncée à l’issue de la rencontre. Les participants ont toutefois convenu de renforcer en 2026 la médiation africaine, en s’appuyant sur cinq co-facilitateurs, tous d’anciens chefs d’État africains.
Des missions diplomatiques sont prévues dans les prochains jours à Kinshasa, Kigali, Kampala et Gitega, dans le but d’accélérer la mise en œuvre des engagements pris par les différentes parties.
Selon le communiqué final, la réunion de Lomé a exhorté les acteurs concernés à mettre en œuvre de bonne foi leurs engagements, à privilégier les moyens pacifiques dans la gestion du conflit et à reprendre sans délai les discussions pour conclure les négociations sur les six protocoles restants du processus de Doha. Elle a également insisté sur la nécessité d’un suivi africain structuré de la mise en œuvre des accords.
En perspective du sommet de l’Union africaine
Cette rencontre intervient à l’approche du 39ᵉ Sommet de l’Union africaine, prévu du 11 au 15 février 2026 à Addis-Abeba, placé notamment sous le thème de la sécurité continentale. À cette occasion, Faure Gnassingbé, médiateur principal pour l’Est de la RDC, présentera un rapport détaillé sur l’évolution de la situation sécuritaire et l’état d’avancement du processus de médiation, conformément aux décisions du Conseil de paix et de sécurité de l’UA.
Un processus encore fragile
Cette démarche diplomatique s’inscrit dans un contexte où les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’Émir du Qatar entre Kinshasa et l’AFC/M23, peinent à produire des résultats concrets sur le terrain. Bien que cinq instruments majeurs à portée internationale aient déjà été conclus, les négociations restent fragiles et au point mort sur plusieurs aspects clés, notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés.











