La Nuit du Droit a fait son retour ce week-end à Lomé avec une troisième édition consacrée à un sujet devenu incontournable : « Droit et transformation numérique : vers une société de confiance ? » Organisée par l’Association Togolaise pour la Promotion du Droit (ATPD) en collaboration avec l’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP), cette troisième édition a réuni juristes, universitaires, responsables institutionnels et acteurs de l’écosystème numérique autour d’une même préoccupation : comprendre le numérique pour mieux l’encadrer.
Une ouverture marquée par la volonté d’ancrer la confiance dans le numérique

La cérémonie d’ouverture a rassemblé plusieurs responsables publics, parmi lesquels le représentant du Ministère de la Justice, le Secrétaire général du Ministère de l’Administration Territoriale, le Directeur général de l’Agence Nationale de Cybersécurité ainsi que deux figures bien connues du milieu juridique togolais, Maître Jean Dégli et le Professeur Santos, ancien doyen de la Faculté de droit de l’Université de Lomé.
Prenant la parole, le Président du Comité d’Organisation, Talla Hervé AWUI a rappelé l’attitude nécessaire face aux nouveaux outils numériques.
« La sagesse ne réside pas dans la peur d’utiliser les outils, mais dans la conscience de bien les utiliser », a-t-il déclaré, appelant à une approche lucide, loin à la fois de l’enthousiasme aveugle et des résistances systématiques.
Il a salué le rôle des partenaires et souligné que la réussite de cette rencontre reposait sur un engagement collectif.
Le président de l’IPDCP, le Lieutenant-Colonel Bédiani Bélei, a insisté sur la dimension générationnelle de cette transformation. Pour lui, la jeunesse doit être au cœur de ces enjeux, non pas comme simple bénéficiaire, mais comme acteur responsable d’un numérique plus sûr. Le droit, a-t-il rappelé, ne freine pas l’innovation, mais l’accompagne et protège ceux qui y évoluent.
Régulation, métiers du droit, entrepreneuriat : trois regards sur la mutation numérique
Protéger les données, un impératif croissant

La première table ronde, réunissant les régulateurs, a permis de rappeler les obligations des entreprises en matière de protection des données personnelles.
Les intervenants ont souligné la nécessité pour chaque structure de connaître ses responsabilités juridiques et de mieux comprendre les textes applicables.
L’IPDCP a mis en avant les programmes de formation et de renforcement des capacités destinés aux acteurs économiques, tandis que les débats ont mis en lumière les convergences régionales, notamment avec le Bénin, engagé dans des démarches similaires.
La profession juridique face à sa propre transformation

Le deuxième panel s’est penché sur l’évolution du métier de juriste à l’heure de la dématérialisation.
Tous s’accordent : le numérique s’est imposé à la profession.
La digitalisation du travail, l’accélération des procédures permise par la justice dématérialisée, ou encore l’usage d’outils d’IA, y compris dans les langues locales, modifient en profondeur les pratiques.
Les panélistes ont également évoqué l’importance des réseaux sociaux comme espace de sensibilisation, en particulier sur des questions telles que la diffusion non consentie d’images, une problématique en nette progression.
Adapter les normes aux rythmes de l’innovation

Le dernier panel, consacré au droit et à l’entrepreneuriat, a mis en lumière les attentes des acteurs privés.
Yvon Koudam, CEO de Kondjigbale, a distingué les réalités d’une startup, fondée sur l’expérimentation et la vitesse d’évolution, de celles d’une petite entreprise plus traditionnelle.
Il a plaidé pour une régulation qui tienne compte de ces dynamiques, estimant qu’un cadre juridique équilibré et simple peut soutenir l’innovation sans la contraindre de façon excessive.
Une cérémonie de distinctions pour saluer l’engagement des partenaires

Un temps a été consacré à la remise de certificats de reconnaissance à plusieurs partenaires et institutions.
Cette séquence a rappelé que la construction d’une société numérique de confiance passe aussi par la mobilisation de ceux qui participent, au quotidien, à la sensibilisation, à la formation et à la diffusion d’une culture juridique tournée vers l’avenir.
Ce que les participants retiennent : trois regards
Le PCO : un apprentissage collectif
Interrogé par Togo Today, le Président du Comité d’Organisation a souligné que le droit doit répondre aux défis actuels. Il a insisté sur la nécessité de sensibiliser, former et renforcer les capacités, ajoutant que cette Nuit du Droit est aussi un moyen d’apprendre en dehors des salles de classe.
Il retient surtout la qualité des échanges et les nouvelles perspectives pour les entrepreneurs comme pour les juristes.
Yvon Koudam : un droit qui doit s’adapter au rythme du numérique
Le CEO de Kondjigbale estime que le digital évolue vite et que le droit doit rester suffisamment flexible pour suivre ce mouvement. Il a salué les efforts des régulateurs pour améliorer le cadre légal et accompagner les acteurs du numérique.
Une participante : le droit, fondation de toute activité
Pour une participante interrogée, cette soirée a montré que toute entreprise, peu importe son secteur, a besoin du droit pour fonctionner. Le cadre juridique garantit le professionnalisme, la confiance et la structuration des ambitions.
Un dîner pour prolonger les discussions et ouvrir de nouvelles perspectives
La rencontre s’est conclue par un dîner, durant lequel les participants ont pu poursuivre les échanges dans un cadre plus détendu.
Cette séquence informelle a permis d’approfondir des débats amorcés lors des panels et de créer des passerelles entre professionnels du droit, acteurs institutionnels et innovateurs du numérique.
L’évènement en images






Une édition tournée vers l’avenir
À l’issue de cette Nuit du Droit, une certitude s’impose : la transformation numérique ne se résume pas à des outils ou à des innovations techniques.
Elle implique un effort collectif de compréhension, de formation et d’anticipation.
En rapprochant le droit du public, l’ATPD et l’IPDCP entendent contribuer à la construction d’un environnement numérique plus lisible et plus sûr.









