L’ancien président français Nicolas Sarkozy comparaît de nouveau devant la justice à partir de ce lundi 16 mars 2026, dans le cadre du procès en appel de l’affaire du financement libyen présumé de sa campagne présidentielle de 2007. Ce procès, qui doit se tenir devant le tribunal correctionnel de Paris, devrait durer près de trois mois, jusqu’au 3 juin.
Au total, onze prévenus sont jugés dans ce dossier sensible, tous présumés innocents. L’affaire porte sur des soupçons de financement illégal par le régime de Mouammar Kadhafi en échange d’éventuelles contreparties politiques et économiques.
Nicolas Sarkozy joue gros
Principal accusé dans cette affaire, Nicolas Sarkozy est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, notamment :
- Recel de détournement de fonds publics
- Corruption passive
- Financement illégal de campagne électorale
- Association de malfaiteurs
En première instance, l’ex-chef d’État avait été relaxé de trois chefs d’accusation, mais condamné pour association de malfaiteurs. Il avait écopé de cinq ans de prison, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité.
Le tribunal avait estimé que les faits étaient d’une « gravité exceptionnelle », susceptibles d’altérer la confiance des citoyens dans les institutions.
L’ancien président, aujourd’hui âgé de 71 ans, conteste fermement les accusations et affirme depuis le début qu’aucun financement libyen n’a été utilisé dans sa campagne.
Des proches également jugés
Plusieurs personnalités proches de Nicolas Sarkozy sont également rejugées dans cette affaire :
- Claude Guéant, ancien secrétaire général de l’Élysée, condamné en première instance à six ans de prison.
- Brice Hortefeux, ancien ministre et ami de longue date de Sarkozy, condamné à deux ans de prison pour association de malfaiteurs.
- Éric Woerth, ancien trésorier de la campagne de 2007, poursuivi pour complicité de financement illégal.
Les enquêteurs soupçonnent notamment des rencontres en Libye en 2005 entre des proches de Nicolas Sarkozy et des responsables du régime de Kadhafi, qui auraient servi à négocier un possible soutien financier à la campagne présidentielle de 2007.
Des intermédiaires au cœur du dossier
Le dossier implique également plusieurs intermédiaires et hommes d’affaires, dont :
- Alexandre Djouhri, condamné en première instance à six ans de prison
- Thierry Gaubert, ancien collaborateur de Sarkozy
- Plusieurs hommes d’affaires et financiers accusés de blanchiment, corruption ou trafic d’influence
Certains témoignages évoquent des transferts d’argent liquide entre Tripoli et Paris, voire des valises contenant plusieurs millions d’euros. Toutefois, aucune preuve directe n’a établi que ces fonds ont effectivement alimenté la campagne de Nicolas Sarkozy, un point central du débat judiciaire.
Un procès crucial
Ce nouveau procès représente un moment décisif pour l’ancien président, qui risque jusqu’à dix ans de prison s’il est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés.
Durant les prochaines semaines, les magistrats devront examiner l’existence ou non d’un “pacte de corruption” entre l’entourage de Nicolas Sarkozy et le régime libyen.
Le verdict pourrait avoir des conséquences majeures sur l’héritage politique de l’ancien chef de l’État.










