Le Sénat du Zimbabwe a adopté mercredi, à une large majorité, une série d’amendements constitutionnels controversés qui pourraient permettre au président Emmerson Mnangagwa de rester au pouvoir jusqu’en 2030.
Le texte, déjà approuvé par l’Assemblée nationale le 18 juin, doit désormais être promulgué par le chef de l’État pour entrer officiellement en vigueur.
Un vote largement favorable
Selon la présidente du Sénat, Mabel Chinomona, les amendements ont été adoptés par 75 voix contre 4.
Quelques jours plus tôt, la Chambre basse du Parlement avait validé le projet avec 216 voix pour et 42 contre, grâce à la majorité détenue par le parti au pouvoir, la ZANU-PF, qui dirige le Zimbabwe depuis l’indépendance en 1980.
Des changements majeurs
La réforme prévoit notamment de porter la durée des mandats présidentiel et parlementaire de cinq à sept ans.
Si cette disposition entre en vigueur, le second mandat de Emmerson Mnangagwa, actuellement limité par la Constitution, serait prolongé jusqu’en 2030.
Le texte comprend également une autre mesure majeure : le président serait désormais désigné par le Parlement, mettant fin à l’élection du chef de l’État au suffrage universel direct, en vigueur depuis 1987.
Une réforme vivement contestée
Ces modifications suscitent de vives critiques de la part de l’opposition et d’organisations de défense des droits humains, qui dénoncent un renforcement du pouvoir du parti au pouvoir.
Les opposants qualifient cette réforme de « coup d’État constitutionnel », estimant qu’elle vise à consolider durablement l’emprise de la ZANU-PF sur les institutions.
Selon plusieurs militants, des actes d’intimidation, des arrestations et des violences auraient visé des personnes mobilisées contre ces amendements.
L’organisation Human Rights Watch a également dénoncé, dans un communiqué publié en mars, des menaces et des agressions contre les opposants à la réforme.
Le gouvernement évoque la stabilité
Pour sa part, le gouvernement défend ces modifications en estimant qu’elles permettront de renforcer la stabilité politique et d’assurer la continuité des politiques publiques et des programmes de développement.
Arrivé au pouvoir en 2017 après la chute de Robert Mugabe, Emmerson Mnangagwa, aujourd’hui âgé de 83 ans, a été élu président en 2018, puis réélu en 2023.









