L’Afrique pourrait-elle être représentée autrement sur les cartes du monde ? C’est l’un des enjeux d’un projet de résolution qui doit être examiné vendredi 4 septembre 2026 à New York par l’Assemblée générale des Nations Unies. Porté par le Togo au nom du Groupe africain, le texte plaide pour une représentation cartographique plus fidèle aux réalités géographiques des continents.
Quand les cartes déforment les proportions
Baptisée « Correct the Map », l’initiative part d’un constat : certaines des projections cartographiques les plus utilisées dans le monde ne rendent pas fidèlement compte des proportions réelles des continents.
L’Afrique y apparaît ainsi souvent visuellement réduite par rapport à sa superficie réelle, alors qu’elle constitue l’un des plus grands continents du monde. Pour les promoteurs du texte, cette question dépasse la simple représentation graphique.
La carte participe en effet à la manière dont les populations perçoivent et comprennent le monde, notamment dans les systèmes éducatifs, les médias et les environnements numériques.
Le Togo porte l’initiative au nom de l’Afrique
Le projet de résolution est présenté par le Togo au nom du Groupe africain. Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, s’est rendu à New York pour soutenir cette démarche et appeler les États membres à se mobiliser en sa faveur.
Selon le chef de la diplomatie togolaise, l’initiative ne cherche ni à imposer une représentation unique du monde ni à remettre en cause une tradition cartographique particulière. Elle vise plutôt à mieux faire connaître les limites des projections utilisées et à encourager le recours à des représentations plus fidèles aux dimensions réelles des différentes régions.
Éducation, médias et numérique concernés
La résolution encourage notamment la diversification des représentations cartographiques dans les écoles, les médias et les supports numériques. Elle invite également à choisir des cartes adaptées à l’objectif recherché, en tenant compte des limites propres à chaque projection.
L’enjeu est donc aussi pédagogique et informationnel : permettre une meilleure compréhension des réalités géographiques et éviter qu’une représentation visuelle déformée ne donne une perception erronée des proportions entre les continents.
Une initiative présentée comme universelle
Bien qu’elle soit portée par le continent africain, la démarche se veut d’intérêt universel. Selon ses promoteurs, une représentation plus rigoureuse du monde peut profiter aussi bien aux États insulaires qu’aux pays en développement et aux pays développés.
La résolution met également en avant l’importance de données géospatiales fiables pour des domaines tels que le climat, l’innovation et le développement durable.
Pour le Togo, le succès de cette initiative dépendra toutefois de la capacité à obtenir une mobilisation suffisamment large des partenaires internationaux, au-delà du seul continent africain.


