L’Association Togolaise des Gestionnaires de Ressources Humaines (ATGRH) a organisé une rencontre d’échanges consacrée à la Nouvelle Convention Collective Interprofessionnelle du Togo, entrée en vigueur le 20 mai 2026. Cette session d’information a réuni des professionnels des ressources humaines, des employeurs ainsi que divers acteurs du monde du travail afin de leur permettre de mieux appréhender les innovations majeures introduites par ce nouveau cadre juridique.
Les travaux ont été officiellement ouverts par la présidente de l’ATGRH, Rose Sèmého SOKPOH, qui a prononcé le discours inaugural. Invitant les participants à examiner avec attention les différentes dispositions de cette nouvelle convention .
Une convention modernisée dans la continuité de celle de 2011

Les principales communications ont été assurées par Mme TOTO A. Dzifa et M. SAMBIANI Kossi, représentants de la Direction Générale du Travail et des Lois Sociales. Les deux intervenants ont présenté les grandes lignes de la Nouvelle Convention Collective Interprofessionnelle du Togo, signée le 30 avril 2026 et entrée en vigueur le 20 mai 2026.
Ils ont précisé que cette nouvelle convention s’inscrit dans la continuité du Code du travail de 2021. Elle préserve les principes fondamentaux tout en intégrant plusieurs ajustements destinés à adapter le droit du travail aux réalités économiques et sociales contemporaines.
Les échanges ont notamment porté sur les nouveaux droits consacrés par ce texte, son statut juridique ainsi que les obligations qu’il impose aux employeurs comme aux travailleurs.
Les principales innovations présentées

Au cours de la rencontre, les quinze titres composant la convention ont été passés en revue. Les participants ont abordé, entre autres, les dispositions relatives à la formation et l’exécution du contrat de travail, aux conditions de travail, à la sécurité et santé au travail, à la discipline et aux conflits collectifs.
Parmi les principales innovations présentées figure l’obligation de transmettre tout projet de contrat de travail au futur salarié au moins 72 heures avant sa prise de fonction. Cette mesure vise à garantir une meilleure information du travailleur et à mettre un terme aux signatures de contrats effectuées dans la précipitation.
Les experts ont également souligné qu’il est désormais interdit de rompre un contrat à durée indéterminée (CDI) dans le seul objectif de le remplacer par un contrat à durée déterminée (CDD).
Autre évolution notable : tout contrat de travail conclu au Togo ou à l’étranger est soumis à la législation togolaise dès lors qu’il produit ses effets sur le territoire national.
S’agissant de la période d’essai, la nouvelle convention prévoit qu’elle peut être librement convenue entre les parties, sans pour autant revêtir un caractère obligatoire.
Par ailleurs, les contrats de travail devront désormais être transmis à l’autorité compétente conformément aux nouvelles exigences réglementaires.
Inclusion professionnelle et transformation numérique au programme
La rencontre a également donné lieu à une intervention de M. TONOU Lassé, représentant de la Direction Générale de l’Emploi, qui a sensibilisé les participants aux enjeux liés à l’insertion professionnelle des personnes vivant avec un handicap, en insistant sur la nécessité de promouvoir des pratiques de recrutement plus inclusives.
Pour sa part, Chris Koehler, Directeur général d’EdoMatch et partenaire officiel de l’événement, a présenté un Système d’Information des Ressources Humaines (SIRH). Une solution numérique conçue pour accompagner les entreprises dans la gestion de leur capital humain et l’optimisation de leurs processus de gestion des ressources humaines.
Mieux préparer les entreprises à l’application du nouveau cadre juridique
Pour le Dr Djéri AGBEKA, membre de l’ATGRH, le principal défi réside désormais dans la diffusion de ce nouveau texte auprès de toutes les entreprises afin d’en assurer une application effective.
« Le principal message est qu’il existe désormais un nouveau cadre juridique qui apporte davantage de précisions sur le fonctionnement des entreprises. Il est donc essentiel que chaque entreprise organise des séances d’information et de partage afin de faire connaître cette nouvelle législation et d’en favoriser une bonne application », a-t-il précisé.
À travers cette initiative, l’ATGRH ambitionne ainsi de faciliter la compréhension et la mise en œuvre de la Nouvelle Convention Collective Interprofessionnelle du Togo, dont les dispositions constituent désormais le socle juridique minimal auquel devront se conformer les conventions collectives et accords conclus dans le monde professionnel togolais.


