Au Togo, les artistes ont lancé mardi un appel pressant aux autorités, dénonçant ce qu’ils qualifient de « mise à mort » progressive de leur filière.
Réunis à Lomé sous l’égide de la Fédération togolaise de musique (FTM), des professionnels de la musique, du théâtre et des arts visuels ont dressé un constat alarmant de la situation du secteur culturel.
Une crise profonde du secteur culturel
Selon la FTM, la culture traverse une crise structurelle marquée par :
- L’absence de mécanismes de financement réellement opérationnels
- La fermeture progressive des espaces culturels
- L’obsolescence des textes juridiques encadrant la profession
« Depuis plus de cinq ans, nous sommes engagés dans un processus de restructuration, mais il ne s’agit que d’un éternel recommencement », a déclaré Ariel Dassanou, président de la fédération.
Précarité et absence de statut social
Les artistes dénoncent également une précarité sociale croissante. En l’absence de statut officiel et de protection sociale adaptée, beaucoup exercent dans des conditions jugées indignes.
Certaines voix évoquent :
- Des créateurs gravement malades sans assistance
- Des artistes contraints à l’exil
- Un manque d’opportunités professionnelles locales
Pour la fédération, cette situation fragilise non seulement les créateurs, mais l’ensemble du tissu culturel national.
Des réformes jugées urgentes
Dans un communiqué publié à l’issue de la rencontre, la FTM formule plusieurs revendications :
- La mise en œuvre effective du Fonds national de promotion culturelle, via des appels à projets transparents
- La transposition dans la loi de la directive communautaire sur la rémunération pour copie privée
- La réforme urgente de la loi sur les droits d’auteur, jugée inadaptée à l’ère numérique
- La création d’un statut social pour les artistes
- L’instauration d’un cadre permanent de dialogue avec l’État
Les professionnels insistent sur le fait que leur démarche ne vise pas à s’opposer aux pouvoirs publics, mais à ouvrir une concertation structurée et responsable.
« La culture n’est pas un luxe »
« La culture n’est pas un luxe. Quand un artiste ne peut pas se soigner, quand un créateur est contraint à l’exil, c’est toute la nation qui s’appauvrit », a martelé la FTM.
À travers cet appel, les artistes espèrent relancer le débat sur la place de la culture dans les politiques publiques togolaises.











