Le débat autour des prisonniers politiques refait surface au Togo. À l’Assemblée nationale, Brigitte Adjamagbo-Johnson, secrétaire générale de la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA) et membre de la Dynamique pour la Majorité Populaire (DMP), a interpellé le ministère de la Justice sur la situation des détenus observant une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention.
Dans son intervention, la députée de l’opposition a exigé des explications claires sur l’état de santé des grévistes, citant notamment Grâce Koumayi Bikoni parmi les détenus concernés. En réponse, le directeur de l’Administration territoriale a indiqué avoir rencontré un groupe de ces prisonniers, assurant que le gouvernement suit le dossier de près.
Mais cette réponse officielle n’a pas convaincu les rangs de l’opposition. D’après plusieurs sources, la rencontre évoquée aurait plutôt visé à inciter les détenus à demander eux-mêmes leur libération, une approche que leurs soutiens assimilent à une forme de pression politique.
« Cela s’apparente à de la manipulation », a réagi Brigitte Adjamagbo-Johnson, pour qui la seule issue crédible reste la libération immédiate de ces prisonniers.
La responsable de la CDPA a également mis en garde contre les conséquences graves de la grève de la faim prolongée, estimant que le gouvernement « porterait seul devant l’histoire la responsabilité des drames éventuels ».
Ce nouvel épisode s’inscrit dans un climat politique tendu, où les organisations de défense des droits humains dénoncent l’usage récurrent de détentions arbitraires et la restriction de l’espace civique.
Face à ces accusations, les autorités togolaises affirment pour leur part agir dans le strict respect de la loi et de la sécurité publique.
Alors que la grève de la faim se poursuit, l’opinion publique et la société civile appellent à des actes concrets pour sortir de cette impasse. Une crise qui, plus que jamais, ravive les tensions entre le pouvoir et l’opposition.











