Les utilisateurs de mobile money au Togo et dans les autres pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) pourront bientôt conserver davantage d’argent sur leurs comptes. La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a décidé de porter le plafond des avoirs en monnaie électronique de 2 à 4 millions FCFA à compter du 2 novembre 2026. La réforme relève également les limites de rechargement et modifie certaines règles applicables aux opérateurs.
Mobile money : le plafond passe de 2 à 4 millions FCFA
Dans une instruction datée du 8 octobre 2026, la BCEAO fixe à 4 millions FCFA le solde maximal de monnaie électronique qu’un client identifié pourra détenir auprès d’un même établissement émetteur, contre 2 millions FCFA auparavant.
Cette mesure concernera les huit pays de l’Union monétaire ouest-africaine, dont le Togo. Elle permettra aux utilisateurs de conserver deux fois plus d’argent sur leur compte mobile money sans devoir effectuer un retrait ou déplacer une partie de leurs fonds vers un autre établissement.
Le plafond mensuel de rechargement augmente également. Il passe de 10 à 15 millions FCFA par client et par établissement, soit une progression de 50 %.
Ces deux limites correspondent toutefois à des opérations différentes : le plafond de 4 millions FCFA concerne le solde que l’utilisateur peut conserver sur son compte, tandis que celui de 15 millions FCFA fixe le cumul des rechargements autorisés sur un mois. Il ne s’agit donc pas d’une limite applicable à chaque transfert pris individuellement.
Mixx, Flooz, Gozem Money : comment les plafonds seront-ils appliqués ?
Au Togo, les plafonds s’appliqueront à chaque établissement émetteur. Un utilisateur possédant plusieurs comptes auprès du même opérateur ne pourra donc pas multiplier la limite autorisée en répartissant son argent entre plusieurs numéros.
En revanche, les soldes détenus auprès d’établissements distincts ne seront pas additionnés pour calculer le plafond applicable à chacun. Une personne disposant, par exemple, d’un compte Mixx et d’un compte Flooz relevant de deux émetteurs distincts pourra ainsi bénéficier du plafond correspondant auprès de chacun d’eux.
Les agents de dépôt et de retrait ainsi que les commerçants qui acceptent la monnaie électronique sont exemptés de ces plafonds dans le cadre de leurs activités professionnelles. Des dépassements peuvent aussi être autorisés par la BCEAO, à la demande des établissements concernés.
Les opérateurs pourront placer davantage de fonds
La réforme ne concerne pas uniquement les utilisateurs. Elle modifie également les règles encadrant les fonds détenus par les émetteurs de monnaie électronique.
Jusqu’ici, ces établissements devaient maintenir au moins 75 % de la monnaie électronique en circulation sous forme de dépôts à vue auprès de banques ou d’institutions de microfinance. Ce seuil minimal sera ramené à 65 %.
Cette évolution donnera aux opérateurs davantage de latitude pour placer une partie des fonds de couverture dans des dépôts à terme ou certains titres de dette autorisés. L’objectif est notamment d’assouplir la gestion financière de ces établissements.
Cette flexibilité ne signifie toutefois pas que les fonds des clients ne doivent plus être couverts. L’obligation de couverture intégrale des avoirs en monnaie électronique demeure, et la BCEAO conserve la possibilité d’imposer des exigences particulières en fonction des risques présentés par un établissement.
PI-SPI : les petits transferts bientôt gratuits jusqu’à 8 000 FCFA par jour
Le relèvement des plafonds intervient également dans un contexte d’expansion des paiements numériques dans l’UEMOA, avec la Plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI), lancée le 30 septembre 2025.
Selon la BCEAO, le réseau comptait, un an après son lancement, 175 participants connectés et rendait ses services accessibles à plus de 38 millions de personnes.
À partir du 2 novembre 2026, les transferts nationaux interopérables de monnaie électronique seront gratuits jusqu’à 8 000 FCFA cumulés par jour, par utilisateur et par participant, quel que soit le nombre d’opérations effectuées.
Au-delà de ce montant, des frais pouvant atteindre 0,8 % hors taxes pourront être appliqués. La réception des transferts restera gratuite. D’après la BCEAO, le seuil retenu couvre 75 % des transactions de monnaie électronique.
Les mêmes conditions de gratuité doivent ensuite être étendues aux transferts entre pays de l’Union à compter du 1er juin 2027.
La plateforme commence également à être utilisée par les administrations publiques. Le 8 octobre, la BCEAO a indiqué que le Trésor ivoirien y effectuait déjà régulièrement des paiements de masse, tandis que l’intégration des autres Trésors progressait.
Ce que cela change concrètement pour les utilisateurs au Togo
À compter du 2 novembre 2026, les principaux changements annoncés sont les suivants :
- Solde maximal : jusqu’à 4 millions FCFA auprès d’un même établissement émetteur.
- Rechargements mensuels : jusqu’à 15 millions FCFA par client et par établissement.
- Transferts nationaux interopérables : gratuité jusqu’à 8 000 FCFA cumulés par jour et par participant, selon les conditions annoncées.
- Réception des transferts : gratuite dans le cadre du dispositif PI-SPI décrit par la BCEAO.
Pour les utilisateurs qui reçoivent des paiements importants ou réalisent de nombreuses transactions, ces nouvelles limites offrent davantage de marge de manœuvre. La réforme accompagne ainsi le développement du mobile money et des paiements interopérables dans l’espace UEMOA.

