Les perturbations de la fourniture d’électricité enregistrées depuis le début du mois d’octobre à Lomé et dans plusieurs localités du Togo s’expliquent par des travaux de maintenance sur le gazoduc ouest-africain. C’est ce qu’a indiqué le directeur général de la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET), Illagou Ayéva, lors d’une interview accordée à la Télévision togolaise (TVT), le mardi 20 octobre 2026. Selon lui, un retour à la normale est attendu à la fin du mois.
L’opération est menée par la West African Gas Pipeline Company (WAPCo), qui exploite le gazoduc servant notamment à acheminer le gaz utilisé par les centrales électriques. Cette maintenance préventive réduit temporairement la disponibilité de cette ressource énergétique, compliquant ainsi la production d’électricité.
Une maintenance reportée à plusieurs reprises
D’après Illagou Ayéva, les travaux devaient initialement se dérouler en juin ou en juillet, une période caractérisée par des températures plus clémentes. Cependant, les prestataires concernés n’ont pas pu réunir à temps les moyens matériels nécessaires, notamment en raison du contexte international.
Ces difficultés ont entraîné plusieurs reports du calendrier de maintenance, dont la CEET avait informé les consommateurs à travers différents communiqués. Les travaux se déroulent finalement en octobre, alors que les besoins en électricité restent importants en raison de la chaleur.
Le recours aux combustibles liquides pour limiter les délestages
Face à la réduction de l’approvisionnement en gaz, les autorités ont demandé à la CEET de maintenir ses centrales en activité en utilisant des combustibles liquides. Cette mesure vise à préserver autant que possible la production électrique et à limiter l’ampleur des interruptions.
Toutefois, cette solution présente des contraintes. Selon le directeur général, les combustibles liquides coûtent plus cher et offrent un rendement moins avantageux que le gaz. La poursuite de la production dans ces conditions ne permet donc pas nécessairement de répondre à l’ensemble de la demande.
Illagou Ayéva a par ailleurs écarté l’hypothèse d’un lien entre les coupures et une éventuelle dette de la compagnie. Pour expliquer la situation, il a établi un parallèle avec un automobiliste contraint d’immobiliser son véhicule pour une vidange périodique, à la différence que les centrales électriques doivent continuer à fonctionner malgré les difficultés liées à cette maintenance.
Pourquoi la CEET ne publie-t-elle pas un calendrier précis ?
Le responsable a également expliqué les difficultés rencontrées par la compagnie pour établir un programme prévisionnel fiable des interruptions. Selon lui, la situation énergétique à l’échelle sous-régionale évolue rapidement, obligeant la CEET à réajuster régulièrement son dispositif.
« La situation évolue d’heure en heure », a-t-il indiqué, pour justifier l’absence d’un calendrier précis des coupures.
Concernant la fin des perturbations, le directeur général table sur l’achèvement des travaux avant la fin du mois d’octobre 2026. Les autorités ont également demandé la mise en place d’un mécanisme de suivi de la maintenance.
D’ici là, les consommateurs devront composer avec les interruptions de courant, dans l’attente d’une amélioration de l’approvisionnement en gaz et d’un retour progressif à des conditions normales de production électrique.



