Kako Nubukpo au Congrès de Lomé : “Si nous augmentons notre pression fiscale de 2 % du PIB africain, nous n’aurons plus besoin de l’aide” Lors du 9ᵉ Congrès panafricain de Lomé, l’économiste togolais Kako Nubukpo a une nouvelle fois marqué les esprits. Invité à un panel sur la gouvernance économique du continent, il a défendu avec vigueur l’idée d’une monnaie commune africaine et d’une mobilisation accrue des ressources internes pour libérer l’Afrique de la dépendance à l’aide extérieure.
« Si nous faisons l’effort d’augmenter notre pression fiscale à hauteur de 2 % du PIB africain, nous n’aurons plus besoin de l’aide », a-t-il lancé, sous les applaudissements du public.
L’ancien ministre a souligné que l’absence d’une monnaie africaine freine le commerce intra-africain et limite la compétitivité des économies. « Il nous faut une monnaie qui nous permette de damer le pion au reste du monde », a-t-il insisté, plaidant pour une Banque centrale africaine capable de financer les États et de soutenir la création d’emplois.
Selon lui, une telle institution pourrait devenir un instrument de souveraineté économique, notamment face à l’arrivée prévue de 600 millions de jeunes sur le marché du travail africain d’ici quarante ans. Il appelle également à la création d’un Fonds panafricain, alimenté par les recettes fiscales, pour soutenir les pays les plus fragiles.
Mais l’économiste reconnaît que cette vision ambitieuse se heurte à des défis structurels : divergences fiscales, faible mobilisation des recettes (en moyenne 16 % du PIB en Afrique subsaharienne selon la Banque mondiale) et manque de convergence politique au sein des regroupements régionaux comme la CEDEAO et l’UEMOA.
Ce plaidoyer, au cœur du Congrès, relance le débat sur la souveraineté économique africaine et la nécessité de repenser les mécanismes de financement du développement.











