Dès janvier 2026, les étrangers qui voudront obtenir une carte de séjour pluriannuelle, de résident ou la nationalité française devront passer un test civique obligatoire.
Cette nouvelle mesure, introduite par la loi immigration de janvier 2024, s’inscrit dans le cadre du Contrat d’intégration républicaine (CIR).
L’épreuve, d’une durée de 45 minutes, comprendra 40 questions à choix multiples réparties en cinq thématiques :
Principes et valeurs de la République ;
Droits et devoirs de la vie en France ;
Système politique et institutions ;
Histoire, géographie et culture ;
Vie en société.
Pour valider le test, il faudra obtenir au moins 80 % de bonnes réponses. Il deviendra un prérequis indispensable pour tout titre de séjour longue durée.
Un niveau relevé par le ministère de l’Intérieur
Selon plusieurs sources, la version initiale du test a été durcie par le cabinet de l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau avant son départ.
Les associations redoutent un taux d’échec élevé, notamment en raison du niveau de français exigé.
« On demande aux étrangers d’avoir un niveau supérieur à certains Français », déplore Hélène Ceccato, du Secours catholique, soulignant que le niveau B2, requis pour la naturalisation, équivaut à celui demandé pour l’entrée à l’université.
Un contenu théorique, jugé “déconnecté du réel”
Le test civique évaluera notamment les connaissances sur la Constitution de 1958, la Révolution française, la décentralisation ou encore le fonctionnement des institutions européennes.
Des fiches de révision sont déjà disponibles sur le site de la Direction générale des étrangers en France (DGEF).
Mais pour certaines associations, cette approche “scolaire” ne reflète pas l’intégration réelle, fondée sur la participation à la vie locale, associative ou citoyenne.
« On oublie que beaucoup d’étrangers participent déjà activement à la société, sans forcément maîtriser les subtilités constitutionnelles », regrette Ceccato.
Des risques de précarisation
Les ONG s’inquiètent aussi des conséquences pour les étrangers incapables de valider le test après plusieurs tentatives.
Faute de pouvoir renouveler leur titre temporaire plus de trois fois, certains risquent de basculer dans l’irrégularité, même après plusieurs années passées légalement en France.









