Le Togo enregistre une avancée notable dans le Government AI Readiness Index 2025 publié par le cabinet britannique Oxford Insights. Le pays se classe 124ᵉ sur 195 au niveau mondial et 15ᵉ en Afrique, confirmant les progrès réalisés ces dernières années dans la digitalisation de l’administration et le développement d’un écosystème technologique national.
Une progression constante dans la gouvernance numérique
Selon le rapport, le Togo obtient un score global de 28,6 points, en hausse par rapport à 2024 (26,4 points). Cette amélioration s’explique principalement par les initiatives gouvernementales en matière de transformation digitale, de formation au numérique et d’ouverture des données publiques.
Le pays se distingue notamment dans le pilier « Policy and Vision » (politique et vision stratégique), où il affiche une meilleure performance que la moyenne régionale, grâce à la mise en œuvre de la Feuille de route gouvernementale 2025 et de la Stratégie nationale d’intelligence artificielle actuellement en préparation par le ministère de l’Économie numérique.
Une base encore fragile : infrastructures et adoption publique
Malgré cette progression, le rapport d’Oxford Insights souligne plusieurs défis majeurs :
Faible adoption de l’IA dans les services publics, en raison du manque de projets pilotes et de capacités internes.
Infrastructures numériques limitées, notamment en matière d’énergie et de connectivité haut débit.
Insuffisance des données locales nécessaires à la création de solutions d’IA adaptées au contexte togolais.
Ces freins placent encore le pays derrière les leaders régionaux tels que le Kenya (65ᵉ), l’Afrique du Sud (67ᵉ) et le Nigeria (72ᵉ).
Une ambition affichée : bâtir une IA inclusive et souveraine
Pour les autorités togolaises, cette position n’est qu’une étape. Le ministère de l’Économie numérique a réaffirmé, dans un communiqué publié le 29 décembre 2025, que « le Togo s’engage à faire de l’intelligence artificielle un levier de croissance, de transparence et d’inclusion numérique ».
Plusieurs chantiers sont déjà en cours :
Le Centre national d’innovation et de l’intelligence artificielle (CNIA), prévu pour 2026 à Lomé.
Des formations en IA et science des données lancées à l’Université de Lomé en partenariat avec des acteurs privés.
Le développement d’outils d’analyse prédictive pour la gestion urbaine, la santé publique et la planification énergétique.
L’Afrique en quête de souveraineté numérique
Le rapport 2025 rappelle que l’Afrique subsaharienne reste la région la moins avancée du monde en matière de préparation à l’IA, avec une moyenne de 28,04 points. Toutefois, une dynamique positive se dessine : dix pays africains figurent désormais dans le top 100 mondial, signe d’un intérêt croissant pour l’intelligence artificielle comme moteur de développement durable.











