La Haute autorité de la communication (HAC) de Guinée a décidé jeudi d’interdire, avec effet immédiat, la diffusion de France 24 sur l’ensemble du territoire. La décision intervient après un différend autour de la qualification de Mamadi Doumbouya comme « président putschiste » à l’antenne.
Une interdiction avec effet immédiat
La HAC a annoncé jeudi l’interdiction de diffusion de France 24 en Guinée. Le régulateur justifie cette décision par le « maintien des propos incriminés », après une première protestation formelle adressée à la chaîne la veille.
Le différend porte sur une séquence diffusée lors d’un journal télévisé le 14 septembre, au cours duquel un présentateur a qualifié Mamadi Doumbouya de « président putschiste ».
France 24 reconnaît une erreur
Sur son site internet, France 24 a reconnu avoir qualifié par erreur Mamadi Doumbouya de « président putschiste ». La chaîne avait également indiqué à l’AFP qu’elle comptait présenter ses excuses et procéder à une rectification à l’antenne.
La HAC affirme toutefois que les propos concernés ont été maintenus. Elle a demandé à France 24 d’« opérer les rectifications éditoriales nécessaires sur l’ensemble de ses canaux numériques ».
L’extrait concerné était toujours accessible sur le site internet de la chaîne jeudi matin, selon l’AFP.
France 24 déjà suspendue dans plusieurs pays
Cette décision intervient dans un contexte régional marqué par plusieurs restrictions visant les médias français. France 24 est déjà interdite au Mali, au Burkina Faso et au Niger, trois pays dirigés par des régimes militaires.
Au Togo, la chaîne ne diffuse également plus depuis sa suspension en 2025, initialement annoncée pour une durée de trois mois. Elle n’a pas été rétablie depuis, selon l’AFP.
Jeune Afrique également sanctionné
La HAC guinéenne a par ailleurs retiré l’accréditation de presse du correspondant de Jeune Afrique, invoquant des « manquements professionnels ». Le régulateur n’a toutefois pas précisé les articles ou publications à l’origine de cette décision.
Depuis l’arrivée de Mamadi Doumbouya au pouvoir à la suite du coup d’État de 2021, la Guinée connaît des tensions récurrentes autour de l’exercice des libertés publiques et de l’activité des médias. L’AFP rapporte notamment des restrictions concernant les manifestations, ainsi que des limitations ponctuelles de l’accès à internet et aux réseaux sociaux.

