Le Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo (SYNPHOT) a officiellement lancé, lundi 27 janvier 2026, un projet d’amélioration de la qualité de l’accueil et de lutte contre la mauvaise gouvernance et les actes illicites dans les hôpitaux publics. L’initiative répond aux nombreuses plaintes des populations relatives aux conditions d’accueil, à la qualité des soins et aux dysfonctionnements persistants dans les structures sanitaires publiques.
La cérémonie de lancement s’est tenue au CHU Sylvanus Olympio, en présence de plusieurs autorités administratives et sanitaires, notamment le directeur général de l’établissement, le secrétaire du gouverneur du Grand Lomé et le préfet du Golfe, Kossivi Agbodan.
Des dysfonctionnements largement dénoncés
Selon le SYNPHOT, les plaintes récurrentes des usagers remettent en cause l’effectivité du droit à la santé, pourtant garanti par la Constitution togolaise et le Code de santé publique. Les hôpitaux publics, y compris les centres de référence, figurent paradoxalement parmi les structures les moins bien perçues par les populations.
Les principaux griefs portent sur :
- des délais d’accueil et de prise en charge excessivement longs ;
- une orientation insuffisante des patients ;
- un manque de chaleur humaine dans l’accueil ;
- des tensions et agressions verbales entre soignants, patients et accompagnants ;
- des reports fréquents de rendez-vous médicaux.
Une réforme collective et multisectorielle
Pour le SYNPHOT, l’amélioration de l’accueil hospitalier, de l’hygiène et la lutte contre la mauvaise gouvernance constituent un enjeu collectif impliquant l’ensemble des acteurs du système de santé.
« C’est un acte de civisme, de courage et de responsabilité partagée visant à renforcer durablement le système sanitaire togolais », a déclaré Nathalie Babaté Bamana, assistante spéciale du secrétaire général du SYNPHOT.
Le projet vise notamment à refonder la confiance entre les usagers et les structures sanitaires, condition essentielle à l’efficacité du système de santé.
Des actions concrètes prévues
Dans sa mise en œuvre, le projet prévoit :
- des actions de sensibilisation et de formation du personnel de santé sur l’accueil, l’éthique professionnelle et le respect des droits des patients ;
- le renforcement des mécanismes de lutte contre la mauvaise gouvernance et les actes illicites ;
- l’amélioration de l’orientation et de l’information des patients ;
- la promotion de l’hygiène hospitalière ;
- l’instauration d’un dialogue communautaire entre populations et structures de soins.
Un appui des autorités administratives
Le projet a été officiellement lancé par le préfet du Golfe, Kossivi Agbodan, qui a salué une initiative s’inscrivant dans une dynamique d’assainissement, de modernisation et de responsabilisation du système de santé.
« La qualité de l’accueil, le respect des procédures et la lutte contre les actes illicites ne relèvent pas du simple confort administratif. Ils conditionnent la performance des systèmes de santé, influencent le recours aux soins, renforcent la crédibilité de l’État et préservent la cohésion sociale », a-t-il souligné.











