La fin de l’ère Nibombé Daré ouvre une période décisive pour la sélection nationale togolaise. Après des années de désillusions, entre éliminations précoces et projets inachevés, la Fédération togolaise de football se retrouve face à un choix stratégique majeur. Deux techniciens français émergent aujourd’hui comme favoris : Hubert Velud et Olivier Guégan.
Au-delà des noms, c’est surtout une opposition de philosophies qui se dessine. Le futur sélectionneur ne sera pas seulement jugé sur les résultats immédiats, mais sur sa capacité à redonner une identité de jeu aux Éperviers, à restaurer la confiance des supporters et à mieux exploiter un réservoir de talents encore largement sous-utilisé.
Hubert Velud, l’option de l’expérience et du résultat rapide
À 65 ans, Hubert Velud apparaît comme le profil le plus rassurant pour une sélection en quête de stabilité. Son parcours africain est dense et jalonné de succès. Il a remporté des titres majeurs avec le TP Mazembe, dominé le championnat algérien avec l’ES Sétif et l’USMA Alger, et réalisé des campagnes solides en compétitions continentales, notamment avec l’AS FAR de Rabat.
En sélection nationale, Velud a déjà prouvé sa capacité à gérer des contextes complexes. Avec le Burkina Faso, il a conduit les Étalons jusqu’aux huitièmes de finale de la CAN 2024. Au Soudan, il a réussi à qualifier la sélection nationale pour deux compétitions majeures après une longue traversée du désert, malgré un environnement politique instable.
Son atout majeur reste sa connaissance du football togolais. Entre 2009 et 2011, il avait déjà dirigé les Éperviers, les menant à la CAN 2010, dans un contexte marqué par le drame de Cabinda. Cette expérience lui confère une légitimité certaine, mais soulève aussi des interrogations sur la capacité du projet à incarner un réel renouveau.
Olivier Guégan, le choix d’un nouveau cycle structurant
Face à cette option sécurisante, Olivier Guégan représente un pari plus audacieux. À 53 ans, l’ancien défenseur s’est construit une réputation de bâtisseur dans le football français. De Reims à Grenoble, il s’est illustré par sa capacité à structurer des équipes, à faire progresser de jeunes joueurs et à installer des projets durables.
Son passage à Grenoble reste emblématique, avec deux montées successives en seulement deux saisons. Guégan est également reconnu pour son travail de formation, ayant contribué à l’éclosion de nombreux joueurs aujourd’hui établis au haut niveau.
Son lien avec le Togo passe par le suivi et l’accompagnement de plusieurs joueurs d’origine togolaise évoluant en Europe. Son projet pour les Éperviers s’articulerait autour d’une organisation moderne, d’une exploitation méthodique du vivier binational et de la mise en place d’outils de performance pour professionnaliser durablement la sélection.
Un choix déterminant pour l’avenir des Éperviers
D’un côté, l’expérience et l’efficacité immédiate. De l’autre, la structuration, la modernité et la projection à long terme. Le choix entre Hubert Velud et Olivier Guégan dépasse la simple nomination d’un sélectionneur. Il engage l’avenir sportif des Éperviers du Togo et la direction que souhaite emprunter le football national dans les années à venir.










