Depuis le 20 mai 2026, plusieurs sénateurs togolais prennent part à un atelier d’échanges consacré aux Droits en Santé Sexuelle et Reproductive (DSSR) à Kpalimé, dans la région des Plateaux. Les travaux, organisés à l’Hôtel Ivan Plaza, se poursuivront jusqu’au 22 mai.
Cette initiative est portée par la Direction de la Santé de la Mère et de l’Enfant (DSME) avec l’appui de plusieurs organisations engagées dans la santé reproductive, notamment Ipas Afrique Francophone, l’Association Togolaise pour le Bien-Être Familial (ATBEF) et la Société des Gynécologues Obstétriciens du Togo (SGOT).
Renforcer la compréhension des enjeux sanitaires et juridiques
L’objectif de cette rencontre est de permettre aux sénateurs de mieux comprendre les enjeux liés à la santé sexuelle et reproductive afin d’encourager des initiatives législatives adaptées aux réalités togolaises.
Les échanges portent notamment sur :
- la mortalité maternelle,
- les grossesses non désirées,
- les violences basées sur le genre,
- ainsi que les conséquences sanitaires des avortements clandestins.
Selon les chiffres présentés durant l’atelier, plus de 10 000 cas d’avortements ont été enregistrés dans les structures sanitaires togolaises en 2024, dont une partie importante liée à des pratiques non sécurisées.
Le Protocole de Maputo au centre des discussions
Les participants reviennent également sur les engagements internationaux du Togo, notamment le Protocole de Maputo, ratifié par le pays en 2005.
Pour KOEVI-KOUDAM Noelie, directrice exécutive de l’ATBEF, le cadre juridique actuel mérite d’être renforcé :
« Le Togo a ratifié le protocole de Maputo en 2005, mais la loi n’a pas été pourvue des textes d’application », a-t-elle rappelé.
Le protocole africain vise notamment à promouvoir les droits des femmes, l’accès aux soins de santé reproductive et la protection contre les violences.
Une priorité de santé publique
Présente à l’atelier, Madeleine TCHANDANA, cheffe de division SMIPF, a souligné que la santé reproductive constitue une priorité nationale.
«Le bien-être en matière de santé de la reproduction concerne toute la population et le Togo en a fait une priorité depuis plusieurs années à travers différentes politiques et cadres réglementaires », a-t-elle expliqué.
Elle a rappelé que plusieurs politiques publiques ont déjà été mises en place pour améliorer le bien-être des populations en matière de santé de la reproduction.
De son côté, SORO Aboudou, conseiller régional en plaidoyer et partenariat à Ipas , estime que ces échanges peuvent contribuer à réduire les décès liés aux avortements non sécurisés, encore préoccupants dans plusieurs pays africains.
Une démarche participative
Pour encourager les discussions, les organisateurs ont privilégié une méthode participative combinant :
- présentations thématiques,
- études de cas,
- travaux de groupe,
- et exercices de clarification des valeurs et transformation des attitudes (CVTA).
L’atelier intègre également un partage d’expérience venu du Bénin, autour des réformes engagées dans le domaine de la santé reproductive.
La sénatrice et conseillère régionale Mme APETSIANYI AGBOGBLI Eli Déla a, quant à elle, insisté sur la nécessité de mieux vulgariser les textes existants afin de garantir une application effective des droits des filles et des femmes.
À travers cette initiative, les autorités sanitaires et leurs partenaires souhaitent renforcer la prise en compte des droits en santé sexuelle et reproductive dans les futures politiques publiques et réformes législatives au Togo.













