Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a officiellement mis fin, vendredi 22 mai 2026, aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko, mettant un terme à plusieurs mois de tensions au sommet de l’État.
L’annonce a été faite dans un communiqué lu à la télévision publique RTS. Le chef de l’État y précise avoir également mis fin aux fonctions de l’ensemble des ministres et secrétaires d’État du gouvernement sortant, chargés désormais « d’expédier les affaires courantes ».
Cette décision marque une rupture spectaculaire entre les deux hommes, longtemps présentés comme inséparables au sein du parti Pastef. Empêché de se présenter à la présidentielle de 2024 à cause d’une condamnation judiciaire, Ousmane Sonko avait alors désigné Bassirou Diomaye Faye comme candidat de substitution sous le célèbre slogan : « Diomaye moy Sonko » (« Diomaye, c’est Sonko »).
Des tensions devenues publiques
Depuis plusieurs mois, les divergences entre les deux dirigeants étaient de plus en plus visibles. Début mai déjà, le président Faye avait dénoncé une « personnalisation excessive » autour de son Premier ministre.
Dans une interview télévisée, il avait averti :
« Tant qu’il reste Premier ministre, c’est parce qu’il bénéficie de ma confiance. Quand ce ne sera plus le cas, il y aura un nouveau Premier ministre. »
La promulgation récente d’une réforme du code électoral ouvrant potentiellement la voie à une candidature de Sonko en 2029 avait également accentué les divisions au sein du pouvoir.
Sonko réagit immédiatement
Quelques heures après son limogeage, Ousmane Sonko a réagi avec un ton détaché sur les réseaux sociaux :
« Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui. »
Dans la nuit, il a été accueilli par des centaines de sympathisants devant son domicile à Dakar.
Un climat politique sous tension
Cette rupture intervient dans un contexte économique et politique délicat pour le Sénégal. Le pays fait face à une dette publique très élevée, estimée par le FMI à 132 % du PIB. Le gouvernement actuel accuse l’ancien régime de Macky Sall d’avoir dissimulé l’ampleur de cette dette, provoquant la suspension d’un programme d’aide du FMI.
Par ailleurs, Ousmane Sonko avait encore fait parler de lui quelques heures avant son limogeage, en dénonçant devant le Parlement ce qu’il qualifiait de « tyrannie de l’Occident » sur les questions sociétales, notamment l’homosexualité.
Le départ de Sonko ouvre désormais une nouvelle phase politique au Sénégal, avec en toile de fond la bataille déjà naissante pour l’élection présidentielle de 2029.











