Le Togo veut préserver les progrès réalisés dans la lutte contre le VIH tout en réduisant sa dépendance aux financements extérieurs. En 2025, 19,37 milliards FCFA ont été consacrés à la riposte nationale, mais 86,44 % de ces dépenses ont été prises en charge par les partenaires techniques et financiers.
Cette situation constitue désormais un enjeu majeur pour la pérennité des programmes, dans un contexte marqué par la baisse et la réorientation des financements internationaux.
La question a été au cœur de la revue annuelle 2025 de la lutte contre le VIH, organisée les 4 et 5 août 2026 à Lomé. La rencontre a réuni les autorités sanitaires, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile, les représentants des communautés ainsi que les acteurs du secteur privé.
Des indicateurs sanitaires en amélioration
Selon le Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le Sida et les IST (SP/CNLS-IST), la prévalence nationale du VIH est actuellement estimée à 1,6 %.
Les progrès sont également visibles dans l’évolution des nouvelles infections. Entre 2010 et 2025, leur nombre annuel est passé de 7 100 à 2 100, soit une diminution de 70 %. Sur la même période, les décès liés au sida ont reculé de 73 %.
La prise en charge a également progressé. En 2025, près de 95 200 personnes vivant avec le VIH étaient suivies dans les structures spécialisées, dont 95 038 sous traitement antirétroviral. Le taux national d’arrimage au traitement atteignait ainsi 99,85 %.
Par ailleurs, plus de 650 000 personnes ont effectué un test de dépistage durant l’année et plus de 26,3 millions de préservatifs ont été distribués.
Ces résultats traduisent les avancées enregistrées dans la prévention et la prise en charge de l’infection. Le coordonnateur national du SP/CNLS-IST, Pr Pitche Palokinam Vincent, souligne toutefois que plusieurs priorités demeurent, notamment la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant et les interventions en direction des adolescents.
Le financement, principal défi pour la suite
Malgré ces progrès, la structure du financement inquiète les acteurs de la riposte. Sur les 19,37 milliards FCFA mobilisés en 2025, seulement 13,52 % provenaient des ressources nationales, contre 86,44 % apportés par les partenaires techniques et financiers.
Cette forte dépendance intervient alors que les financements internationaux consacrés à la santé et à la lutte contre le VIH connaissent des évolutions qui pourraient affecter certains programmes.
Pour les autorités togolaises, l’enjeu est donc désormais de mobiliser davantage de ressources nationales et de développer des mécanismes permettant de maintenir les acquis malgré les contraintes financières.
Le secrétaire général du ministère de la Santé, Dr Kokou Wotogbe, appelle ainsi les différentes parties prenantes à réfléchir à de nouvelles stratégies et innovations susceptibles de garantir la continuité de la riposte.
Le Togo prépare une nouvelle demande au Fonds mondial
Parallèlement, le Togo prépare sa demande de financement auprès du Fonds mondial pour le cycle 2027-2029. Le pays souhaite mobiliser près de 56 milliards FCFA pour financer les programmes consacrés au VIH, à la tuberculose et au paludisme.
Cette démarche devrait contribuer à soutenir les programmes existants, alors que le pays cherche simultanément à renforcer sa contribution nationale.
L’enjeu pour les prochaines années sera donc de préserver les avancées obtenues dans la lutte contre le VIH, tout en construisant progressivement un financement plus diversifié et durable.


