Le Parlement européen a adopté définitivement, le 10 février 2026, deux textes majeurs visant à renforcer la politique migratoire de l’Union européenne. Parmi les mesures phares figure la création d’une liste commune de « pays d’origine sûrs », destinée à accélérer le traitement des demandes d’asile.
Trois pays africains figurent sur cette liste : l’Égypte, le Maroc et la Tunisie. Cette classification devrait compliquer les démarches d’asile pour leurs ressortissants au sein de l’UE.
Une procédure accélérée
Selon les institutions européennes, l’objectif est de traiter plus rapidement les demandes provenant de pays considérés comme ne présentant pas, en principe, de risques systématiques de persécutions, de torture ou de traitements inhumains.
L’inscription sur cette liste n’entraîne pas un rejet automatique des demandes. Toutefois, seules les situations démontrant « une crainte fondée de persécution ou un risque grave en cas de retour » seront examinées avec attention.
Pour le rapporteur italien Alessandro Ciriani, cette réforme vise à « mettre fin à une période d’ambiguïté » et à adopter « une approche plus ferme pour lutter contre les abus ».
Vives critiques des ONG
La décision suscite toutefois de fortes réserves de la part d’organisations de défense des droits humains. Plusieurs associations, dont la Ligue des droits de l’homme et SOS Méditerranée, ont signé une tribune contestant notamment la présence de la Tunisie sur cette liste.
Selon Olivier Clochard, président de l’Anafé (Association nationale d’aide aux frontières pour les étrangers), classer la Tunisie comme pays « sûr » serait en contradiction avec la situation actuelle des droits humains dans le pays. Il estime qu’une telle décision pourrait restreindre l’accès à la protection pour des personnes potentiellement en danger.
Entrée en vigueur différée
Les nouvelles dispositions doivent encore suivre les dernières étapes institutionnelles avant leur mise en application, prévue dans les prochains mois.









