Le Vatican et Yaoundé viennent d’officialiser la première visite africaine du pape Léon XIV, élu en mai 2025. Le Cameroun a été choisi pour accueillir le souverain pontife, probablement après Pâques 2026. Une visite symbolique, dans un contexte politique particulièrement tendu.
Le pays sort d’une crise post-électorale majeure. L’élection présidentielle du 12 octobre 2025, ayant reconduit Paul Biya pour un huitième mandat, reste contestée par Issa Tchiroma, qui s’était autoproclamé vainqueur. Les manifestations qui ont suivi ont été sévèrement réprimées, et plus de 140 personnes sont encore détenues, leurs procès en cours devant le tribunal militaire de Yaoundé.
Dans cette atmosphère de méfiance et de crispation, la visite du pape pourrait devenir un moment clé. L’opposition y voit une lueur d’espoir : « Sa présence pourrait mettre en lumière les réalités que nous vivons », confie un cadre sous anonymat. De son côté, l’Église locale espère un message fort en faveur de la paix et du dialogue.
Mais pour le régime, l’objectif est tout autre : afficher la stabilité et le contrôle, tout en tirant profit diplomatique de cette visite. Le calendrier a d’ailleurs été choisi avec soin, pour éviter toute date liée aux récents troubles.
Reste à savoir si le pape Léon XIV parviendra à transcender les divisions politiques et à rétablir la confiance dans un pays encore meurtri. Son message, attendu sur la réconciliation, pourrait marquer un tournant… ou passer inaperçu face aux tensions persistantes.










