Alors que plusieurs détenus politiques ont été libérés au Togo, l’opposition et diverses organisations de la société civile dénoncent une « manœuvre cynique » du pouvoir. Réunies lors d’une conférence de presse conjointe le 5 janvier 2026 à Lomé, les formations politiques DMK, DMP, LDP et le front « Touche Pas À Ma Constitution » ont salué ces libérations tout en exigeant la libération immédiate de tous les prisonniers d’opinion et le retour sans condition des exilés politiques.
Des libérations saluées mais jugées incomplètes
Selon la déclaration lue devant la presse, des figures connues telles que Grâce Koumayi, Foly Satchivi, Chimène Apévon, Amavi Katanga ou encore Dora Djougbedzi figurent parmi les personnes récemment libérées.
Cependant, les responsables politiques estiment que ces libérations ne sauraient constituer un « geste d’apaisement » authentique.
« Ceux qui ont bénéficié de cette mesure n’auraient jamais dû être emprisonnés », soulignent-ils, accusant le régime d’avoir orchestré des arrestations arbitraires pour des raisons d’opinions politiques.
Près de 70 détenus politiques seraient encore incarcérés, selon la même source. Parmi eux, Jean-Paul Oumolou, Marguerite Gnakadé, Kpatcha Gnassingbé et Alles Atti sont cités comme des cas emblématiques.
Appel à des mesures concrètes
Les organisations signataires réclament :
- la libération de tous les détenus politiques,
- le retour sécurisé des exilés,
- et des mesures fortes contre la vie chère.
Elles jugent insuffisant le programme de transferts monétaires du gouvernement, qualifié de mesure ponctuelle.
« Les Togolais attendent bien plus qu’une distribution de 25 000 FCFA. Ils veulent des solutions durables face à la pauvreté », ont-elles déclaré.
L’opposition critique le discours de fin d’année de Faure Gnassingbé
Dans leur déclaration, les responsables politiques s’en sont également pris au discours du chef de l’État du 31 décembre 2025, jugé déconnecté de la réalité vécue par les Togolais.
Ils estiment que les trois priorités annoncées – Protéger, Rassembler, Transformer – sont « contredites par la gouvernance actuelle ».
« Les Togolais ne sont pas protégés lorsqu’ils sont emprisonnés pour leurs opinions », affirme le texte, qui accuse le gouvernement de « semer la peur et la division ».
Un appel à la mobilisation pacifique
La DMK, la DMP, le LDP et le Front Touche Pas À Ma Constitution appellent enfin les citoyens à « persévérer dans la lutte pacifique pour la dignité et la liberté » et à « renforcer la solidarité entre les acteurs du changement ».
« Un peuple qui reste silencieux devant l’injustice est complice de sa propre servitude », conclut la déclaration, lue par Thomas Kokou Nsoukpoe, Sambiri Targone, Tchagnaou Ouro-Akpo et Nathaniel Olympio.











